La Cour des comptes vient de rendre son rapport annuel de certification des comptes du régime général de la Sécurité sociale. Verdict : en 2025, le taux d’erreur sur les nouvelles pensions de retraite s’est légèrement aggravé par rapport à l’année précédente.
Un taux d’erreur en hausse sur les nouvelles pensions de retraite
En effet, selon le rapport publié le 13 mai 2026, 1 pension de retraite sur 9 nouvellement attribuée comportait au moins une erreur de portée financière. En 2024, ce ratio était de 1 sur 10. Une évolution modeste en apparence, mais significative quand on la rapporte aux volumes en jeu : 956 280 nouvelles prestations vieillesse ont été attribuées en 2025, pour un total de 167,3 milliards d’euros de charges de prestations légales.
En termes financiers, l’impact de ces erreurs sur l’ensemble de la durée de vie des pensionnés est estimé à 1,1 milliard d’euros, contre 0,9 milliard en 2024. Une progression qui mérite attention, même si le taux d’erreur en pourcentage du montant des prestations liquidées reste stable à 1 %.
Quels types de pensions de retraite sont les plus touchés ?
Toutes les pensions ne sont pas logées à la même enseigne. La Cour des comptes identifie plusieurs situations où le risque d’erreur est particulièrement élevé :
- La pension de réversion : lors des révisions de ce droit dérivé, le taux d’erreur atteint 11,5 %. Autrement dit, plus de 1 révision sur 10 est fausse.
- L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) : le taux grimpe à 9,9 %.
- Les droits propres (retraite personnelle) : le taux d’erreur s’établit à 7,1 %, avec une aggravation notable sur les révisions de droits, 14,8 % en 2025 contre 13,3 % en 2024.
Le rapport pointe également les erreurs survenant lors de la liquidation provisoire : ce mécanisme, qui permet de calculer une première pension sans disposer de l’ensemble des justificatifs, génère mécaniquement davantage d’approximations.
La cause principale : des données de carrière défaillantes
D’où viennent ces erreurs sur les pensions de retraite ? La Cour des comptes est claire sur ce point : plus de la moitié des erreurs définitives proviennent de données de carrière « absentes ou erronées ».
Ces données sont transmises par trois types d’acteurs : les employeurs, les travailleurs indépendants et les organismes sociaux. Chacun peut introduire des inexactitudes, que ce soit lors de la déclaration initiale ou lors de la régularisation ultérieure de carrière. Une fois ces erreurs intégrées dans le dossier, elles se répercutent directement sur le calcul de la pension de retraite.
Par ailleurs, la Cour soulève un angle mort préoccupant : les erreurs portant sur les pensions des travailleurs indépendants ne peuvent être que partiellement identifiées, ce qui laisse supposer que le chiffre global de 1 % pourrait être sous-estimé. Les caisses d’outre-mer sont également exclues du périmètre de mesure, faute d’échantillon suffisamment large.
Des millions de majorations en attente de calcul
Au-delà du taux d’erreur lui-même, le rapport met en lumière un autre problème structurel : le stock de majorations en attente de calcul reste massif.
À fin novembre 2025, on dénombrait :
- 1,5 million de majorations de pension de réversion non encore calculées ;
- 700 000 majorations au titre du minimum contributif dans la même situation.
Ces chiffres sont stables par rapport à l’année précédente, ce qui signifie que la situation ne s’améliore pas. Des centaines de milliers de retraités attendent donc toujours que leur pension soit régularisée dans son intégralité.
Ce que cela implique pour les futurs retraités
Face à ce bilan, une question s’impose : que faire pour éviter d’être concerné par une erreur sur sa pension de retraite ?
La première étape est de vérifier régulièrement son relevé de carrière sur le site Info Retraite. C’est là que sont centralisés tous les droits acquis, et c’est souvent là que les anomalies apparaissent : trimestres manquants, salaires mal reportés, périodes de chômage ou de maladie non comptabilisées.
Si une erreur est constatée après la liquidation de la pension, il est possible de la signaler à sa caisse de retraite et de demander une révision. Le processus peut être long, mais il est indispensable : une erreur non corrigée peut peser sur le montant versé pendant des décennies.
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