Passées À venir

10 % d'écart de salaires injustifiés entre les hommes et les femmes selon une compilation d'études

Les Rendez-vous de Grenelle au Ministère du Travail ont permis d’en savoir plus sur les inégalités salariales qui existent entre les hommes et les femmes en France. Qu’en est-il ?
Sommaire

Une compilation récente d’études, présentée mardi 12 juin 2018 au ministère du Travail par la DARES, montre qu’en France, un écart de salaire entre les hommes et les femmes subsiste à hauteur de 24 % en moyenne. Ces études permettent de mieux comprendre en partie les raisons de cet écart et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, compte bien s’attaquer à la partie qui couvre ces différences « inexpliquées ». Un point sur la question.

10 % d’écart de salaires injustifiés entre les hommes et les femmes selon une compilation d’études



La DARES explique certaines causes des écarts salariales

La Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques a présenté plusieurs études aux Rendez-vous de Grenelle du ministère du Travail qui permettent une meilleure compréhension des inégalités salariales entre femmes et hommes en France. Un écart de 24 % demeure.

7 points s’expliquent par le travail à temps partiel, une formule majoritairement choisie par des femmes, 3 points sont issus du fait que les femmes occupent en moyenne des postes moins qualifiés que les hommes, 3 points par la surreprésentation des femmes dans des secteurs d’activité moins rémunérés, 1 point par des écarts d’expérience et entre 1 et 3 points par d’« autres facteurs ».

En revanche, les femmes ont en moyenne un niveau d’étude plus élevé ce qui les avantages à hauteur de 1,5 point.

Selon ces calculs, après redressement de tous ces critères, on constate toujours un écart de salaires situé entre 8 % et 10 % qui n’a donc pas vraiment de cause tangible.

La ministre du Travail veut réduire les inégalités salariales

Muriel Pénicaud compte bien s’attaquer aux entreprises où des écarts salariaux sont toujours constatés. Le futur projet de loi « avenir professionnel » obligera les entreprises de plus de 50 salariés à réduire ces différences de traitement hommes-femmes dans les 3 ans, au risque de se voir infliger des pénalités financières pouvant aller jusqu’à 1 % de leur masse salariale si ce n’était pas fait.

En outre, les entreprises auront également l’obligation de rendre publics leurs « écarts de rémunération » chaque année.

La naissance d’un enfant pénalise les femmes

Loin de remettre en cause la joie des parents d’accueillir un nouveau-né, d’autres statistiques évoquées par Monika Queisser, directrice de la division Politiques sociales de l’OCDE, montrent que la naissance d’un enfant provoque une baisse du temps de travail rémunéré des femmes et une hausse de leur temps de travail domestique à la maison. L’effet est inverse chez les hommes.

Une des raisons avancées étant le congé parental, très peu utilisé par les pères, car selon Mme Queisser, il est « tellement mal rémunéré » en France qu’on « ne peut pas se permettre de le prendre, sauf si on a de l’argent ».

Elle a également expliqué que la participation des femmes au marché du travail reste « clairement inférieure à celle des hommes ». « Et (que) cet écart ne semble pas se réduire sur les années récentes ».