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150 tonnes d'aliments pour animaux d'élevage interdites distribuées en France

Le 22 novembre 2018, le journal Le Monde annonçait la présence d’un OGM interdit dans de la nourriture pour animaux un peu partout en Europe. Quelques jours après cette révélation, un point sur la situation.

L’Europe est-elle en proie à un nouveau scandale alimentaire ? C’est ce que dénonçait il y a un peu plus d’une semaine le journal Le Monde en révélant la présence d’un OGM (Organisme génétiquement modifié) interdit dans de la nourriture destinée à des animaux d’élevage sur le territoire européen. La dangerosité de la substance fait débat, elle pourrait être dangereuse pour la santé, car résistante aux antibiotiques. Le point sur cette affaire.

150 tonnes d’aliments pour animaux d’élevage interdites distribuées en France


Le Monde expose un nouveau scandale alimentaire

Selon l’article publié dans le quotidien le 22 novembre dernier, des journalistes auraient eu accès à des documents confidentiels des services sanitaires néerlandais montrant que « des OGM interdits ont été retrouvés en grande quantité dans des aliments pour animaux d’élevage dans plusieurs pays européens ».

Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs de viande, car la substance incriminée est résistante aux antibiotiques et donc potentiellement dangereuse pour la santé humaine. Il s’agit de la vitamine B2, qui est utilisée comme additif dans la nourriture des animaux d’élevage. Celle qui a été découverte en Europe a été produite à partir d’un OGM appelé « Bacillus subtilis KCCM-10445 » qui la rend antibiorésistante.

« Une quantité assez faible d’additifs peut contaminer un très grand nombre d’aliments. Avec 8 tonnes de vitamines, on va faire quelques centaines de tonnes de prémélanges qui vont être incorporés dans des centaines de milliers de tonnes d’aliments qui seront consommés par des centaines de milliers, si ce n’est des millions d’animaux », a expliqué anonymement un membre de la sécurité alimentaire au journal Le Monde.

L’OGM antibiorésistant déjà dispersé et en partie consommé

Après enquête de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), le gouvernement a confirmé lundi 3 décembre les révélations du journal : près de 150 tonnes d’aliments pour animaux contenant la vitamine B2 OGM interdite « auraient été distribuées » en France à « 3 fabricants d’aliments et 12 éleveurs », et ce, malgré le fait que les autorités belges aient donné l’alerte dès le 2 octobre 2018 à leurs homologues français.

« Plus d’une centaine d’élevages clients pourraient avoir été approvisionnés », apprend-on également dans le communiqué de la DGCCRF. Elle explique aussi que certains des aliments « contaminés » ont déjà été consommés par des animaux et que « les stocks restants » sont « bloqués ».

Ce problème concerne plusieurs pays européens, et une concertation a eu lieu hier pour évoquer « des actions à entreprendre afin qu’une gestion harmonisée au niveau européen permette le meilleur traitement de ce dossier ». En effet, entre 800 000 et 1,6 million de tonnes d’aliments pour animaux d’élevage potentiellement contaminés seraient actuellement en circulation sur le territoire européen.

Quels risques pour la santé humaine ?

Selon la DGCCRF, la « consommation de ces aliments par les animaux ne présente aucun risque immédiat pour le consommateur : la bactérie utilisée et ses gènes d’antibiorésistance sont jugés sans risque pour l’homme ». Toutefois, « ce type d’aliments peut concourir à la diffusion globale dans l’environnement de gènes de résistance aux antibiotiques » alors que l’exécutif « est engagé depuis plusieurs années dans la lutte contre l’antibiorésistance ».