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4 médicaments contre la maladie d'Alzheimer ne seront plus remboursés à partir du 1er août

Selon les estimations, entre 850 000 et 1,2 million de personnes seraient touchées par la maladie d’Alzheimer en France. Cette maladie provoque une dégénérescence du cerveau et des pertes de mémoire importantes. Le gouvernement a annoncé que certains médicaments actuellement sur le marché ne seraient plus remboursés par l’Assurance Maladie à compter du 1er août 2018. Lesquels ?

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé qu’en raison des préconisations de la Haute Autorité de Santé (HAS), l’Aricept, l’Ebixa, l’Exelon, le Reminyl et leurs génériques cesseront d’être remboursés par la Sécurité sociale à compter du 1er août 2018.

Cette décision qui suscite la polémique a déjà été contestée par 5 sociétés savantes de neurologie et de gériatrie, et des associations de santé. Un point sur la situation de ces médicaments anti-Alzheimer jugés peu efficaces et potentiellement risqués.

4 médicaments contre la maladie d’Alzheimer ne seront plus remboursés à partir du 1er août



La HAS considère ces médicaments anti-Alzheimer inefficaces

C’est en octobre 2016 qu’un avis défavorable de la commission de transparence de la HAS a été prononcé, jugeant que les médicaments anti-Alzheimer présentaient « un intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge » ainsi que « l’existence d’effets indésirables potentiellement graves ».

En raison de l’inquiétude des associations de malades, la ministre de l’époque, Marisol Touraine, avait refusé de dérembourser l’Aricept, l’Ebixa, l’Exelon et le Reminyl, avant qu’un « protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations de patients » permette de trouver des solutions alternatives pour les malades.

Le 25 mai 2018, la HAS a publié ses recommandations pour la prise en charge des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer sous la forme de fiches techniques ; leur diffusion a permis de justifier le déremboursement de ces médicaments et de leurs génériques.

En réponse aux critiques qui pensent que le but de cette mesure est seulement de faire économiser 90 millions d’euros à la SÉCU (chiffres de 2015), Agnès Buzyn répond que ces remèdes sont considérés comme « néfastes et entraînant beaucoup d’effets secondaires, avec des fractures, des chutes » par la HAS. « Pour ne pas nuire aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, nous déremboursons pour que les gens ne les utilisent plus », a-t-elle déclaré pour justifier sa décision.

Elle assure par ailleurs que l’économie réalisée « sera dédiée aux équipes qui prennent en charge les malades d’Alzheimer : ça n’est pas une économie pour la Sécurité sociale, c’est un transfert vers des compétences humaines ».

Une décision vivement contestée

L’association d’aide aux malades France Alzheimer juge cette décision « infondée et dangereuse », tandis que la Fédération des centres mémoire, la Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée estiment que cette mesure est « délétère pour les patients et leur entourage ».

Elles affirment, au contraire de la HAS, que les médicaments anti-Alzheimer « ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d’Alzheimer, la maladie à corps de Lewy et la démence de la maladie de Parkinson ».