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Abandon de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 € par mois

Dans son allocution à la télévision ce lundi 10 décembre, Emmanuel Macron a souhaité répondre à la colère des retraités. Cette colère fait suite à la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) en 2018 sans compensation sur les pensions de retraite.
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Nombreux à faire partie du mouvement des gilets jaunes, les retraités attendaient des mesures concrètes de la part du président de la République. Ce dernier a répondu en annonçant, ce lundi 10 décembre, une exonération de la hausse de la CSG pour tous les retraités qui touchent moins de 2 000 € par mois dès 2019. Retrouvez les détails concernant cette mesure.

Abandon de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 € par mois


Hausse de la CSG en 2018 sans compensation sur les pensions de retraite

Créée en 1991 à l’initiative du gouvernement Rocard, la CSG était destinée à diversifier le financement de la Sécurité sociale. Pour compenser la réduction puis la suppression au 1er octobre 2018, des cotisations salariales finançant l’assurance chômage et l’assurance maladie, la CSG a été augmentée de 1,7 point au 1er janvier 2018, passant de 6,6 à 8,3 %.

Si les salariés ont donc vu cette hausse de la CSG compensée par la suppression des cotisations salariales, les retraités en revanche n’ont eu aucune compensation. Ainsi, près de 60 % des retraités (7 millions de personnes) selon Bercy — c’est-à-dire ceux qui touchent plus de 1 200 € de pensions de retraite et qui ne bénéficient donc pas du taux réduit de CSG à 3,8 % — ont été impactés négativement par cette hausse.

Mesure annoncée pour 2019

Alors qu’au matin du 10 décembre, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire assurait ne pas vouloir revenir sur l’augmentation de la CSG pour les retraités, Emmanuel Macron a surpris en annonçant la suppression de cette hausse pour les retraités qui gagnent moins de 2 000 € par mois. « L’effort qui leur a été demandé était trop important et n’était pas juste », a ainsi reconnu le président de la République.

Cette mesure signifie concrètement la mise en place de 3 taux de CSG différents pour les retraités :

  • le taux réduit qui reste inchangé (3,8 %) pour les retraites de moins de 1 200 €
  • le nouveau taux, qui est un taux intermédiaire à 6,6 % (celui de 2017), pour les retraites comprises entre 1 200 € et 2 000 €
  • le taux plein à 8,3 % pour les retraites de plus de 2 000 €

Quels seront les effets de cette mesure ?

La mise en place de ce taux intermédiaire permettra aux retraités ayant une pension de retraite moyenne de retrouver un certain pouvoir d’achat, celui qu’ils pouvaient avoir avant 2018. La CFDT met en garde concernant le plafond des 2 000 € séparant le taux intermédiaire du taux plein. Elle rappelle qu’il « faudra traduire les 2 000 € en revenu fiscal de référence (RFR) », étant donné que c’est à partir de ce dernier que sont effectuées les tranches (taux réduit/taux intermédiaire/taux plein). La CFDT explique également que pour un couple, il ne faudra pas doubler le montant des 2 000 € pour obtenir le plafond du taux intermédiaire. Il faudra en effet multiplier ce montant par environ 1,55, comme dans le barème en vigueur.

Cette exemption de hausse de la CSG pour une partie des retraités aura un coût pour l’État estimé à environ 1,5 milliard d’euros. Si ce coût accroîtra sans doute le déficit public de la France, les retraités considèrent que ce n’est pas à eux seuls d’assumer la réduction de ce dernier. La plupart attendaient d’ailleurs davantage du président de la République, notamment la réindexation des pensions de retraite sur l’inflation : celles-ci n’augmenteront l’année prochaine que de 0,3 %, au lieu de 1,6 % si elles étaient indexées. Cette désindexation se poursuivra en 2020.