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Absentéisme au travail : Un taux toujours en hausse

Le rapport annuel de Gras Savoye Willis Towers Watson montre une hausse du taux d’absentéisme au travail des salariés de 3,6 % entre 2017 et 2018. Ce chiffre, en constante progression depuis 2014, serait la conséquence d’une démotivation des travailleurs. Le point dans cet article.
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En constante hausse depuis 2014, le taux d’absentéisme au travail continue de croître avec un taux national en progression de 3,6 % entre 2017 et 2018. Dans une récente étude, le spécialiste du conseil en ressources humaines Gras Savoye Willis Towers Watson apporte un éclairage sur les disparités régionales de ce phénomène et sur les raisons qui poussent les salariés à rester chez eux.

Absentéisme au travail : Un taux toujours en hausse


Des disparités régionales importantes

C’est en région Île-de-France que le taux d’absentéisme est le plus faible : 2,9 %. Ceci s’expliquerait notamment par une proportion plus élevée de cadres dans la région.

Au vu des chiffres, c’est le quart nord-est de la France qui compte le plus de salariés absents à l’année, avec un taux de 4,6 % dans les régions Hauts-de-France et Grand Est et le chiffre le plus élevé de 4,9 % en Bourgogne–Franche-Comté.

En Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le taux d’absentéisme est moins élevé bien qu’également en hausse. Il est de 3,5 %.

Le manque de motivation au cœur du problème

L’analyse des causes de l’absentéisme montre que « le nombre de maladies ou d’accidents du travail est globalement stable » indique Mr Rémy, expert Qualité de Vie au Travail et absentéisme chez Gras Savoye Willis Towers Watson. Selon lui, « c’est la perte de sens du salarié pour son travail qui fait encore grimper les chiffres. Or, quand un salarié n’est plus motivé, il est moins enclin à venir travailler s’il a 38 de fièvre. »

« Si la maladie est bien évidemment le facteur premier, les difficultés organisationnelles, comme la surcharge de travail, et les difficultés relationnelles internes intensifient le phénomène. Ce sont bien ces autres causes qui sont les principaux moteurs de la croissance de l’absentéisme », ajoute-t-il.

D’autres raisons poussent les salariés à s’absenter. Les parents qui élèvent seuls leurs enfants ont tendance à multiplier les absences courtes, « mais en volume, nous observons surtout les arrêts répétés des 15 à 20 % de salariés qui aident par ailleurs un proche malade, handicapé ou très âgé ». Un chiffre qui devrait croître dans les années à venir en raison du vieillissement de la population.

Identifier précisément les raisons de l’absentéisme pour améliorer la situation

Selon l’étude, les arrêts maladie sont plus longs et une plus grande quantité de travailleurs en bénéficie. Cela a un coût pour les entreprises : 108 milliards d’euros (chiffres de l’Institut Sapiens).

« Ce constat impose de se pencher sur les vraies raisons de l’absentéisme, qui représente un coût important et un risque réel en termes de capital humain pour les structures professionnelles françaises. Autrement dit, pour limiter l’absentéisme, chaque employeur doit déterminer quelles sont chez lui les catégories les plus exposées et quelles sont les causes possibles pour pouvoir en réduire les effets », expose Julien Remy.

Les entreprises qui comptent le moins de salariés absents à l’année ont mis en place des solutions adaptées aux problématiques qu’ils rencontrent et ont souvent des dirigeants qui se soucient du bien-être de leurs employés. Chez Everest Isolation, une entreprise de Carpentras, le PDG Philippe Million a instauré des « primes canicules » en raison des fortes chaleurs cet été. « Nous avons la chance d’avoir un taux d’absentéisme de “seulement” deux jours par an et par salarié », précise le chef d’entreprise.