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Agirc-Arrco : près de 100 000 retraités privés de pension à tort

Un dysfonctionnement du nouveau système informatique de l’Agirc-Arrco a entraîné la suspension injustifiée de milliers de pensions depuis janvier 2026.
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Ils ont attendu leur virement en janvier. Puis en février. Et les mois suivants, toujours rien. Pour près de 100 000 retraités du privé, le début de l’année 2026 a été marqué par une absence inexpliquée de pension complémentaire, non pas à cause d’une erreur de leur part, mais à cause d’un bug informatique interne à l’Agirc-Arrco. Révélée par Les Échos, cette défaillance pourrait coûter 850 millions d’euros au régime, qui s’engage désormais à rembourser intégralement les sommes dues.

Agirc-Arrco : près de 100 000 retraités privés de pension à tort



Un dysfonctionnement informatique à l’Agirc-Arrco aux conséquences massives

Depuis janvier 2026, des dizaines de milliers de retraités du secteur privé n’ont perçu aucun versement de leur pension complémentaire, non pas en raison d’une fraude ou d’une irrégularité de leur part, mais à cause d’un outil informatique trop rigide. C’est ce que révèle le quotidien économique Les Échos, qui a eu accès à une estimation interne de l’Agirc-Arrco.

Au total, 98 000 personnes seraient potentiellement concernées : environ 12 000 dossiers ont d’ores et déjà été formellement identifiés comme erronés, tandis que plus de 86 000 autres présentent, selon l’institution, une « probabilité forte » d’avoir subi une suspension injustifiée. Le montant global des rappels attendus pourrait atteindre 850 millions d’euros, soit un rattrapage moyen d’environ 8 700 euros par retraité concerné.

À l’origine : une migration informatique mal calibrée

Tout commence à l’automne 2025, avec le déploiement d’un nouveau système d’information au sein de l’Agirc-Arrco. L’objectif affiché était de fluidifier le traitement des carrières pour les assurés ayant cotisé dans plusieurs secteurs, tout en croisant les données du régime avec celles de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), notamment pour vérifier les situations matrimoniales à partir des déclarations fiscales.

Mais c’est précisément ce dispositif automatisé qui a dérapé. En cas de non-réponse à un courrier ou un courriel de contrôle, le système était programmé pour suspendre les versements sans autre forme de procès. Or, deux catégories de retraités se sont retrouvées particulièrement exposées :

  • les retraités résidant à l’étranger, tenus de fournir un certificat de vie pour attester qu’ils sont toujours en vie, et qui n’ont pas répondu dans les délais ;
  • les veufs et veuves bénéficiaires d’une pension de réversion, qui devaient produire une attestation prouvant qu’ils ne s’étaient pas remariés, condition sine qua non pour continuer à percevoir leur pension.

Dans les deux cas, l’absence de document a suffi à déclencher la coupure automatique des versements. Comme le souligne Les Échos, la situation a parfois pu passer « relativement inaperçue quand, compte tenu de la faiblesse du montant perçu, son versement n’est pas mensuel mais trimestriel, voire annuel ».

Un remboursement intégral promis, sans délai de prescription

Face à l’ampleur du problème, l’Agirc-Arrco a choisi la transparence. Le régime reconnaît sa responsabilité et s’engage à rétablir intégralement les droits de chaque assuré lésé. Bonne nouvelle supplémentaire : aucun délai de prescription ne s’appliquera aux retraités encore en vie. Autrement dit, quelle que soit la durée pendant laquelle les versements ont été suspendus, chaque euro dû sera remboursé.

Une nuance s’impose toutefois pour les héritiers : en cas de décès du bénéficiaire avant la régularisation, la prescription s’appliquera bien dans ce cas de figure.

La première vague d’analyse a déjà débouché sur l’identification d’environ 12 000 retraités lésés avec certitude, pour un montant d’un peu plus de 69 millions d’euros. Les 86 000 dossiers restants, représentant près de 780 millions d’euros supplémentaires, font actuellement l’objet d’un réexamen approfondi.




Que faire si vous pensez être concerné ?

L’Agirc-Arrco indique qu’elle prendra directement contact avec les personnes identifiées. Mais si vous avez constaté une interruption inexpliquée de vos versements depuis janvier 2026, il est conseillé de ne pas attendre : connectez-vous à votre espace personnel sur le site du régime pour vérifier l’état de votre dossier.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.