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Agnès Buzyn reconnaît l'efficacité moyenne du vaccin contre la grippe saisonnière cette année

L’épidémie de grippe saisonnière en est probablement à son pic selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Elle a déjà provoqué environ 1 100 décès cet hiver. Le point sur la situation dans cet article.

Selon les statistiques, au 20 janvier 2019, la grippe saisonnière a provoqué environ 1 100 décès depuis le début de l’hiver. Les autorités sanitaires en profitent pour rappeler l’importance d'adopter les bons gestes. Un point dans cet article.

Agnès Buzyn reconnaît l’efficacité moyenne du vaccin contre la grippe saisonnière cette année


La mortalité au même niveau que les années précédentes

« Nous savons que chaque année en général la grippe tue plus de 10 000 personnes, c’est la raison pour laquelle je me bats pour la vaccination des personnes âgées et des soignants », a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur Europe 1.

« Aujourd’hui toute la France est en zone d’épidémie, donc nous sommes au pic probablement, et nous verrons à la fin du mois quels ont été les taux de mortalité ».

L’épidémiologiste et responsable de l’unité Infections respiratoires et vaccination à SPF, Daniel Lévy-Bruhl, a tenu à préciser au micro de France Info le 7 février dernier que « ce chiffre n’est pas différent des autres années ».

Lui aussi se déclare en faveur de la vaccination et précise que « nous sommes encore loin de l’objectif des 75 % des personnes ciblées par la vaccination ».

Un vaccin moyennement efficace cette année

Cet hiver, « il y a deux virus qui circulent. C’est de plus en plus le cas et c’est pour ça que le vaccin essaie de couvrir différentes souches », a expliqué Mme Buzyn. « Sur le virus classique, la souche A, le vaccin couvre à peu près 50 % des gens, et sur l’autre virus qui circule, la couverture est très médiocre, à 20 %, ce qui peut expliquer les mauvais chiffres de mortalité ».

« Le problème est que chaque vaccin est un pari, on est obligé de parier sur les souches qui vont circuler, six mois avant que le virus apparaisse dans le monde. Donc de temps en temps le pari est gagné, de temps en temps il est moyennement gagné et parfois pas du tout ».

Malgré l’efficacité relative du vaccin cette année, selon le Dr Lévy-Bruhl, « il faut garder à l’esprit que même s’il ne fonctionne pas bien, c’est toujours un bénéfice (...) C’est un vaccin très bien toléré ».

La ministre de la Santé a aussi évoqué un possible retour à la vaccination obligatoire pour les professionnels de la santé après la mort de 2 soignants dans un établissement de soin du Loiret qui n’étaient pas vaccinés. « Il y a eu une obligation (dans le passé), supprimée il y a quelques années. Aujourd’hui, j’ai demandé un effort particulier notamment aux ordres des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes... pour qu’ils fassent une campagne pro-vaccin. Je verrai quel a été cette année le taux de couverture des soignants, j’espère qu’ils comprennent leur responsabilité. Si vraiment ça ne progresse pas, peut-être que nous en reviendrons à l’obligation ».

Respecter quelques règles d’hygiène fondamentales

En l’absence d’un vaccin efficace, chacun est tenu de se protéger et d’éviter la propagation du virus. « Les gestes de protection sont très importants : se laver les mains, tousser dans sa manche, éviter de postillonner… », a rappelé la ministre.

« Chacun doit adopter des gestes en hiver tels que se laver fréquemment les mains, utiliser des mouchoirs à usage unique et porter un masque jetable lorsqu’on a la grippe », a insisté le Dr Lévy-Bruhl.