Allocations familiales : le passage à 18 ans pénalise fortement les ménages modestes
Depuis mars 2026, une réforme discrète mais lourde de conséquences modifie le fonctionnement des allocations familiales. L’âge à partir duquel les familles bénéficient de la majoration pour enfant a été repoussé de 14 à 18 ans. Derrière cette mesure budgétaire se cache une réalité plus contrastée : une baisse de revenus pour des centaines de milliers de ménages, en particulier les plus modestes.
Allocations familiales : une réforme progressive
Entré en vigueur le 1er mars 2026, ce changement concerne les enfants nés à partir de cette date. Sa montée en charge est progressive, mais ses effets seront pleinement visibles d’ici 2030.
À terme, seules les familles ayant des enfants âgés de 18 ans et de 19 ans bénéficieront encore de cette majoration des allocations familiales. Un basculement important, alors que cette aide était jusqu’ici accessible dès 14 ans, une période où les dépenses liées aux enfants commencent déjà à augmenter fortement.
Des économies importantes pour les finances publiques
L’étude du HCFEA (Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge) souligne que cette réforme des allocations familiales vise avant tout à réduire les dépenses publiques. À horizon 2030, les économies atteindraient 1,28 milliard d’euros par an.
Dans le même temps, le budget consacré à cette majoration serait divisé par cinq, passant de 1,6 milliard d’euros en 2025 à 320 millions d’euros. Dès 2026, environ 700 000 familles sont concernées, un chiffre qui grimpera à plus de 1,2 million en 2029.
Des pertes concrètes pour les familles
Pour les ménages, l’impact est immédiat et mesurable. La suppression de la majoration entre 14 et 18 ans entraîne une baisse directe des aides perçues.
À titre d’exemple :
- une famille avec deux enfants de 14 et 16 ans, bénéficiant des allocations familiales à taux plein, subira une perte annuelle de 906 € ;
- pour une famille de trois enfants âgés de 14, 16 et 17 ans, également à taux plein, la baisse des aides pourra atteindre 2 719 € par an.
Les foyers modestes particulièrement touchés
Comme le souligne le HCFEA dans son étude, la réforme n’affecte pas toutes les familles de la même manière.
Les ménages les plus modestes sont les plus exposés pour deux raisons :
- ils percevaient la majoration à taux plein ;
- ils ne bénéficient d’aucune compensation via le RSA ou la prime d’activité.
En effet, ces prestations ne tiennent pas compte de cette majoration dans leurs bases de calcul. La perte de revenu est donc directe et non compensée.
Un impact sur la pauvreté
Au-delà des situations individuelles, l’étude du HCFEA met en évidence un effet global sur la pauvreté. Le taux de pauvreté des familles devrait augmenter de 0,2 point.
Concrètement, certaines familles basculeront sous le seuil de pauvreté, tandis que d’autres verront leurs difficultés financières s’accentuer.
Une réforme contestée par le HCFEA
Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge ne se contente pas de dresser ce constat. Il s’oppose clairement à la mesure et recommande de revoir son application.
Parmi les pistes avancées :
- revenir au seuil initial de 14 ans ;
- ou limiter le report à 15 ans pour atténuer les effets négatifs.