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Budget 2026 : quels gagnants, quels perdants parmi les retraités ?

Découvrez comment les annonces de François Bayrou pour économiser 43,8 milliards d'euros vont affecter les pensions et la fiscalité des retraités.
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Gel des pensions, exonérations fiscales rabotées, barèmes fiscaux figés… Les retraités font partie des perdants des annonces du Premier ministre François Bayrou. En effet, la plupart d’entre eux devraient payer plus d’impôts si le budget 2026 était adopté en l’état.

Budget 2026 : quels gagnants, quels perdants parmi les retraités ?



Budget 2026 : les mesures phares du plan Bayrou pour les retraités

Le 15 juillet 2025, le Premier ministre François Bayrou a révélé un plan d’économies historiques de 43,8 milliards d’euros destiné à redresser les finances publiques. Les retraités devront également « contribuer davantage à l’effort national », selon les mots du chef du gouvernement.

Voici les principaux axes du plan :

  • Gel des pensions de retraite en 2026 : pas de revalorisation des pensions l’an prochain, même si l’inflation grimpe. C’est « l’année blanche » : la pension reste figée au niveau de 2025.
  • Suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités : depuis plus de 40 ans, les pensions bénéficiaient d’un abattement forfaitaire de 10 % (plafonné à 4 399 euros en 2025), ce qui diminuait l’impôt à payer. Ce dispositif disparaît, remplacé par une déduction unique de 2 000 euros par retraité à partir de 2026.
  • Gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) : cette prestation minimale ne sera pas augmentée en 2026, pesant directement sur les ménages les moins aisés.

Bon à savoir : attention, ces mesures correspondent aux annonces du gouvernement et ne constituent pas encore la loi. Le projet de budget 2026 sera débattu et amendé au Parlement cet automne, ce qui pourrait donner lieu à des ajustements avant leur adoption finale.

Qui sont les gagnants et les perdants parmi les retraités ?

Les conséquences de l’abattement forfaitaire se dessinent clairement : environ 1,5 million de ménages bénéficieraient d’une baisse d’impôt grâce à cette réforme, selon une analyse publiée sur le site de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Majoritairement, il s’agit de couples où un seul membre est retraité, ainsi que de ménages appartenant à la moitié la plus aisée des retraités en termes de niveau de vie. Dans 2 cas sur 3 parmi les gagnants, ce sont donc des couples avec un retraité et/ou des retraités disposant d’un patrimoine conséquent.

À l’inverse, pas moins de 5,2 millions de foyers verraient leur impôt sur le revenu grimper. Les plus touchés sont les retraités seuls et les couples de retraités parmi les 30 % les plus favorisés. En termes concrets, les pertes financières liées à la réforme augmentent avec le niveau de revenu : pour un retraité seul parmi les 10 % les plus modestes, la perte s’élèverait à environ 100 euros. À l’autre extrémité, les couples de retraités appartenant aux 10 % les plus aisés pourraient voir leur revenu annuel diminuer d’environ 1 000 euros.

En outre, selon l’analyse de Pierre Madec, toutes les mesures annoncées devraient diminuer le revenu disponible des ménages comportant au moins un retraité d’environ 4,9 milliards d’euros, ce qui correspond à une baisse moyenne de 0,9 % de leur niveau de vie. En net, ces ménages seront largement impactés, puisque 90 % d’entre eux verront leur niveau de vie diminuer en raison des mesures mises en place, contre seulement 5 % qui en bénéficieront. « Les couples ne comptant qu’un seul retraité sont quasiment les seuls à gagner à la mise en place des mesures étudiées », écrit-il.

À noter : selon cette analyse, la mise en place de l’abattement forfaitaire générerait au total 300 millions d’euros de baisses d’impôt pour les gagnants, mais surtout 1,1 milliard d’euros de hausses pour les perdants. Résultat : un gain net pour l’État estimé à 800 millions d’euros.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.