Ce qui change en septembre 2026 : retraite, travail, santé
Chaque rentrée apporte son lot de nouveautés réglementaires, et septembre 2026 ne fait pas exception. Retraite, droit du travail, aides à la rénovation, remboursement des médicaments ou encore vie scolaire : plusieurs mesures entrent en vigueur dès le 1er septembre 2026. Voici un tour d’horizon pour vous permettre d’anticiper ces évolutions.
Retraite : la suspension de la réforme entre dans une nouvelle phase
À compter du 1er septembre 2026, les effets de la suspension de la réforme des retraites, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, se précisent pour plusieurs générations d’assurés.
L’âge légal de départ n’est plus fixé à 64 ans pour les personnes nées en 1968. Ce seuil ne s’appliquera désormais qu’aux générations nées à partir de 1969. Pour les personnes nées entre 1964 et 1968, l’âge légal varie entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, selon l’année de naissance exacte.
Cette suspension concerne également les carrières longues. Les assurés ayant commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et nés entre 1964 et 1970 peuvent, sous certaines conditions, partir plusieurs mois plus tôt qu’auparavant. Seules les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026 sont concernées par ce nouveau mode de calcul.
Autre évolution notable : les règles de calcul des pensions liées aux enfants changent également. Deux décrets parus fin juillet 2026 réduisent, pour les régimes calculant les pensions sur les meilleures années de revenu, le nombre d’années prises en compte pour établir le salaire moyen, passant de 25 à 24 ans pour un enfant, et à 23 ans à partir de deux enfants. Ces bonifications et majorations liées aux enfants seront par ailleurs intégrées à la période réputée cotisée nécessaire pour un départ anticipé en carrière longue.
Travail : arrêts maladie plafonnés et rupture conventionnelle moins indemnisée
Le monde du travail connaît lui aussi plusieurs ajustements réglementaires en septembre 2026. La durée des arrêts de travail est désormais plafonnée. Un décret du 12 juin 2026 limite à 31 jours la durée d’une première prescription d’arrêt maladie, et à 62 jours celle d’une prolongation. Les médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes conservent toutefois la possibilité de déroger à ce plafond lorsque l’état de santé du patient le justifie. Ce plafonnement ne s’applique pas à Mayotte.
La rupture conventionnelle individuelle est également concernée. À partir du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation chômage diminue : elle passe de 18 à 15 mois pour les salariés de moins de 55 ans, et de 22,5 ou 27 mois (selon l’âge) à 20,5 mois pour les salariés de 55 ans et plus. Des durées spécifiques, également revues à la baisse, s’appliquent aux résidents d’Outre-mer, à l’exception de Mayotte.
Les agents de la fonction publique voient également leurs règles évoluer. Un décret publié fin juillet 2026 transpose au secteur public plusieurs dispositions déjà applicables aux salariés du privé : à partir du 1er septembre, les avis d’arrêt de travail au format papier devront être établis sur un formulaire sécurisé, destiné à lutter contre les faux arrêts, et la durée des arrêts sera plafonnée selon les mêmes règles que dans le secteur privé (31 jours pour une première prescription, 62 jours par prolongation). Ce texte prévoit aussi que l’administration employeur dispose désormais d’un délai maximal de 30 jours pour répondre à une demande de temps partiel thérapeutique, et que tout refus devra être motivé.
Enfin, la facturation électronique devient obligatoire pour un plus grand nombre d’entreprises : toutes doivent désormais être en mesure de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent en émettre et transmettre leurs données de transaction à l’administration.
Logement et argent : MaPrimeRénov’, gaz, taxe foncière… Tout ce qui change en septembre
Plusieurs mesures touchent le portefeuille des ménages dès septembre 2026. MaPrimeRénov’ se resserre autour de l’électrification. Pour les maisons individuelles, l’aide à la rénovation d’ampleur ne pourra plus être accordée si un chauffage au gaz est conservé après travaux. Le parcours « par geste » exclut également désormais plusieurs équipements : chauffage au bois ou biomasse, pompe à chaleur dédiée à l’eau chaude sanitaire, ventilation, ou encore isolation thermique (hors Outre-mer pour certains équipements solaires).
Du côté de l’énergie, le prix repère de vente du gaz augmente de 5,6 % en septembre, pour s’établir à 172,05 €/MWh TTC, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés internationaux.
Les propriétaires doivent également composer avec l’échéance de la taxe foncière 2026 : l’avis est mis en ligne à partir du 27 août pour les non-mensualisés et du 19 septembre pour les mensualisés, avec une date limite de paiement fixée au 15 octobre (paiement en espèces, par chèque ou par virement) ou au 20 octobre (paiement en ligne).
Côté mobilité, une nouvelle aide pour l’achat ou la location d’une voiture électrique d’occasion devient accessible à partir du 1er septembre, via le dispositif des certificats d’économie d’énergie. Elle est ouverte sans condition de ressources, sous réserve que le véhicule remplisse certains critères (immatriculation entre 2017 et 2023, état de la batterie, engagement de conservation d’au moins trois ans), avec une majoration prévue pour les professionnels de l’aide à domicile.
Enfin, la Banque centrale européenne invite les citoyens à donner leur avis sur les futurs billets en euros jusqu’au 21 septembre 2026, dans le cadre d’une consultation portant sur deux thèmes retenus : la culture européenne, ainsi que les fleuves et les oiseaux.
Santé : remboursements revus pour les médicaments et la bronchiolite
Le secteur de la santé enregistre également un changement au 1er septembre 2026. Le remboursement des médicaments évolue en cas de refus de substitution. Si un patient refuse qu’un pharmacien lui délivre un médicament hybride ou biosimilaire à la place du traitement de référence, sans justification médicale de son médecin, il ne bénéficiera plus du tiers payant : il devra avancer l’intégralité du montant, avant d’être remboursé sur la base du médicament de substitution le moins cher, avec un éventuel reste à charge si le médicament de référence est plus onéreux.
Scolarité : les téléphones interdits au lycée et des nouveautés pour les élèves
La rentrée scolaire 2026 s’accompagne de plusieurs mesures structurantes. L’interdiction du téléphone portable est étendue aux lycées. Déjà en vigueur dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges depuis 2018, cette interdiction s’applique désormais aussi aux lycéens, chaque établissement devant préciser dans son règlement intérieur les modalités retenues (casiers, boîtes collectives, pochettes verrouillées), sauf exceptions décidées localement ou motif médical.
L’éducation financière se généralise en classe de 4e, avec le déploiement du passeport Educfi à l’ensemble des collégiens de ce niveau, pour les sensibiliser à la gestion d’un budget, à l’épargne ou à la prévention des arnaques financières.
Une nouvelle procédure est par ailleurs mise en place pour protéger la communauté éducative : un décret publié fin juillet 2026 permet, dans certaines conditions, de changer un élève d’établissement en raison du comportement d’un membre de sa famille, lorsque celui-ci fait peser un risque sur la sécurité des personnels ou compromet gravement le fonctionnement de l’école.
Enfin, du côté de l’enseignement supérieur, les frais d’inscription à l’université pour l’année 2026-2027 sont fixés à 178 € en licence, 255 € en master et 398 € en doctorat, tandis que les étudiants étrangers non-européens continuent, pour la plupart, de s’acquitter de droits différenciés plus élevés (2 902 € en licence, 3 950 € en master), un décret de mai 2026 ayant par ailleurs restreint les possibilités d’exonération de ces frais.