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Choc toxique menstruel : L'ANSES préconise une meilleure information des femmes

Le SCT (Syndrome de choc toxique) peut être évité en respectant la durée maximale de port des tampons ou des coupes menstruelles. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) souhaite qu’une meilleure information soit donnée aux femmes à ce sujet. Le point sur la situation.
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Suite au décès récent d’une jeune femme de 17 ans à la suite d’un choc toxique, l’ANSES réitère ses préconisations en ce qui concerne l’information des utilisatrices de tampons et de coupes menstruelles. Elle demande aussi aux industriels de retirer les substances chimiques utilisées lors de la fabrication des protections féminines.

Choc toxique menstruel : L'ANSES préconise une meilleure information des femmes


Le SCT est rare et peut être facilement évité

Seulement 24 cas de SCT ont été recensés en France en 2017, mais ce syndrome peut avoir des conséquences graves sur la santé. Il est principalement causé par le développement d’une bactérie, le staphylocoque doré, qui passe du vagin dans le sang.

La personne contaminée développe une infection qui se propage à ses principaux organes, provoquant des symptômes qui peuvent ressembler à ceux d’une grippe ou d’une gastro (fièvre, douleurs, diarrhée, vomissements…). Si le SCT n’est pas soigné rapidement, il peut entrainer l’amputation d’un membre, voire le décès de la personne contaminée.

Le SCT est rare, car il est causé par le port prolongé de protections menstruelles internes du type tampon ou coupe menstruelle. Il peut facilement être évité en informant mieux les utilisatrices sur les durées maximales d’utilisation de ces produits.

L’ANSES réitère ses préconisations

En 2018, l’ANSES avait réalisé une étude sur la sécurité des produits de protection féminine et préconisait déjà une meilleure information des utilisatrices. Elle souhaitait qu’une mention soit ajoutée sur l’emballage des tampons et coupes menstruelles rappelant les risques inhérents au SCT et la durée de port maximale pour éviter toute contamination.

« Il est indispensable que les fabricants notent ce risque sur le packaging et sur les notices », a déclaré Aurélie Mathieu, une pharmacienne toxicologue qui a travaillé sur l’évaluation de la sécurité des produits à l’ANSES.

Elle a également rappelé les règles d’utilisation des tampons ou des coupes menstruelles : « C’est entre quatre à six heures — même si personnellement je préconiserai quatre heures. Il ne faut pas les porter la nuit, ni en dehors des règles, contre les pertes par exemple. Il faut également bien penser à se laver les mains, avec du savon, avant d’insérer une cup ou un tampon ».

Elle estime aussi que la prévention peut être faite par les médecins : « il ne faut pas faire de tabou autour des règles. Le syndrome du choc toxique pourrait aussi être abordé par le médecin généraliste ou lors d’une consultation gynécologique. »

Toujours trop de substances chimiques dans les protections périodiques

« L’étude [de l’ANSES de 2018] a mis en évidence un certain nombre de substances chimiques dans les protections féminines, sans montrer de risques sanitaires liés à celles-ci. Néanmoins, il n’est pas normal d’avoir toutes ces substances et nous recommandons aux fabricants d’améliorer la qualité de leurs produits en les éliminant ou en les réduisant », a expliqué la pharmacienne.