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De la viande de bœuf frauduleuse en provenance de Pologne

Environ 3 tonnes de viande de bœuf n’ayant pas passé les contrôles sanitaires obligatoires ont été vendues de Pologne vers plusieurs pays de l’UE. Les autorités sanitaires en ont déjà retrouvé et détruit une grande partie, mais quelque 300 kg auraient déjà été vendus en boucherie ou utilisés en restauration, ou dans l’agroalimentaire. Un point sur ce nouveau scandale alimentaire qui secoue l’Europe.
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Depuis vendredi 1er février, les autorités sanitaires essaient de localiser des lots de viande frauduleuse issue d’animaux abattus illégalement en Pologne. 800 kg de cette viande ont été retrouvés et détruits, mais environ 300 kg auraient déjà été vendus en boucherie ou mélangés à d’autres lots dans la fabrication de produits alimentaires industriels. Un point sur ce nouveau scandale alimentaire.

De la viande de bœuf frauduleuse en provenance de Pologne


Fraude à l’abattoir de Kalinowo en Pologne

Il y a environ 3 semaines, un journaliste de la télévision polonaise a réussi à se faire embaucher dans l’abattoir de Kalinowo en Pologne où il a tourné des images montrant l’achat de vaches en piteuse santé à bas prix puis leur abattage en pleine nuit, sans aucun contrôle vétérinaire. 2,7 tonnes de cette viande ont été exportées dans 13 pays d’Europe, dont environ 800 kg en France.

Selon les autorités sanitaires polonaises, cette viande ne présente pas de risque pour la consommation, mais les autorités sanitaires françaises sont chargées de la localiser et de détruire les lots mis en cause. Vendredi soir, le ministère de l’Agriculture a fait savoir que 500 kg avaient été identifiés et détruits, 150 kg déjà vendus à des consommateurs principalement via des boucheries et « les 145 kilogrammes restants ont été identifiés dans des lots de viande commercialisés par des grossistes, boucheries ou restaurants », a annoncé le ministère. « Une partie de ces lots a pu être retirée du marché ».

« Ce qui est compliqué, c’est que les 145 kilogrammes ont été mélangés à des viandes de différentes origines » par le grossiste qui les a revendus, a déclaré le ministère de l’Agriculture. « On ne peut plus les identifier en tant que tels ».

La FNSEA et 60 millions de consommateurs incitent à acheter de la viande française

La FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), s’est dite « révoltée » par ce nouveau scandale. « Il y a une fraude commerciale terrible » a déclaré Christiane Lambert sa présidente.

Elle a évidemment souligné la responsabilité du ministère de l’Agriculture et des autorités sanitaires, mais insiste aussi sur la responsabilité du consommateur : « S’[il] exige de la viande française en restauration hors domicile, en grande surface et chez son boucher, on ne verra plus ces flux commerciaux frauduleux ».

L’association de consommateurs UFC Que Choisir a, quant à elle, demandé que « les marques, produits et numéros de lots » des aliments concernés soient rendus publics. Elle a aussi conseillé aux acheteurs de plats cuisinés, pâtes et sauces contenant de la viande de bœuf de « privilégier ceux mentionnant explicitement le pays précis d’origine dans la liste des ingrédients (hors Pologne), plutôt que ceux qui utilisent la mention opaque “UE” (Union européenne) ».

« À ce stade, quelques dizaines de restaurants et de boucheries sont concernés, en région Île-de-France principalement, et dans les départements d’Ille-et-Vilaine (35) et du Loiret (45) », détaille le communiqué. « Ces chiffres seront précisés en début de semaine prochaine après consolidation des données au niveau national », conclut-il.