Demande d'asile des réfugiés syriens : la France diffère l'examen de 700 dossiers
Après la chute du régime de Bachar al-Assad, le débat sur l’accueil des réfugiés syriens en Europe commence. L’Allemagne a été le premier pays à annoncer l’arrêt du traitement des procédures de demande d’asile, suivi peu après par l’Autriche, le Danemark, l’Italie, la Norvège ou encore la Suède.
Demande d’asile : les examens des dossiers « différés » pour prendre « un peu de recul »
En France, l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui est chargée d’examiner les demandes d’asile, va « différer » l’examen d’environ 700 dossiers de ressortissants syriens, a indiqué ce mardi 10 décembre sur France Info, son directeur Julien Boucher. Il s’agit « des demandes sur lesquelles nous n’avons pas encore statué », a-t-il précisé, avançant également que l’Ofpra a actuellement reçu près de 2 500 demandes d’asile sur les plus de 180 000 demandes à l’échelle européenne.
« Il faut se donner un tout petit peu de recul pour apprécier les conséquences de ce changement », assure Julien Boucher. Toutefois, les réfugiés syriens ne seront pas laissés « sans réponse pour une durée trop importante », a-t-il aussi avancé. Et en attendant la décision de l’Ofpra, ils bénéficient tous du « principe de non refoulement », a-t-il dit. Cela signifie qu’aucun demandeur d’asile ne sera renvoyé dans son pays.
La question du retour des Syriens qui ont obtenu l’asile est « prématurée »
Et si la suspension de l’examen des demandes d’asile est une « décision logique et même nécessaire », selon le directeur de l’Ofpra, en revanche, pour lui, il serait « prématuré » de mettre sur la table « la question du retour » des réfugiés syriens qui « ont déjà obtenu l’asile ». À ce jour, ils sont environ « 45 000 », a-t-il précisé.
Les pays européens ne doivent pas rapatrier immédiatement les réfugiés syriens, a d’ailleurs rappelé ce mardi 10 décembre le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés « Il faudra faire preuve de patience et de vigilance, en espérant que la situation sur le terrain évoluera de manière positive, permettant enfin des retours librement consentis, sûrs et durables - avec des réfugiés en mesure de prendre des décisions éclairées », a déclaré Filippo Grandi.
En tout, selon l’ONU, plus de 6 millions de Syriens ont quitté leur pays depuis le début du conflit en 2011. Environ 3,6 millions résident actuellement en Turquie et près de 1 million dans l’Union européenne, dont une majorité en Allemagne (environ 781 000).