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Destruction des invendus non alimentaires interdite fin 2021

Mardi 4 juin, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que la destruction de produits non alimentaires invendus sera bientôt interdite en France. Une mesure anti-gaspillage importante présentée comme une « première mondiale ». Le point dans cet article.
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Les résultats des dernières élections européennes montrent un intérêt grandissant des Français sur les questions environnementales. Afin de montrer aux partisans de l’écologie qu’ils ont été entendus, le gouvernement vient d’annoncer une mesure anti-gaspillage forte : l’interdiction de détruire des produits non alimentaires invendus. Elle devrait entrer en vigueur pour tous les produits d’ici 2023. Détails dans cet article.

Destruction des invendus non alimentaires interdite fin 2021


La destruction des invendus, fléau écologique et non-sens économique

Chaque année, plus de 600 millions d’euros de produits non alimentaires neufs et invendus sont jetés ou détruits. « Ces produits qui ont été fabriqués, qui ont été commercialisés, et qui n’ont pas trouvé preneur (...) se voient trop souvent totalement détruits, brûlés, mis en décharge, jamais valorisés. C’est un gaspillage qui choque l’entendement (qui est) scandaleux », a déclaré Édouard Philippe, lors d’une visite dans un magasin CDiscount parisien. Il était accompagné de Brune Poirson, la ministre de la Transition écologique qui est chargée de la préparation du projet de loi.

« Nous pensons que le recyclage, l’économie circulaire sont des éléments indispensables pour être à la hauteur des enjeux liés au développement durable, à la protection de notre climat et de la biodiversité », a-t-il continué.

L’obligation de donner ou de recycler mise en place dès 2021

Le gouvernement a prévu de mettre en place une mesure, « qui consistera en l’interdiction de l’élimination des invendus, neufs ou en général », et qui sera incluse dans le projet de loi sur l’économie circulaire qui sera présenté au Conseil des ministres au mois de juillet. Édouard Philippe a par ailleurs précisé que ce projet de loi contiendra d’autres dispositifs visant à lutter contre le gaspillage, qui seront annoncés « en une autre occasion ».

Le cabinet du Premier ministre a précisé que l’interdiction de jeter ou de détruire les invendus non alimentaires devrait être appliquée à partir de fin 2021 pour les produits disposant d’une filière de collecte et recyclage (REP), « au plus tard » fin 2023 pour les autres produits.

Obliger les entreprises à donner ou recycler leurs invendus non alimentaires serait une « première mondiale » et pourrait être une avancée certaine dans la lutte contre le gaspillage.

L’inquiétude des marques de luxe

Le secteur du luxe détruit actuellement beaucoup de ses produits invendus pour protéger la propriété intellectuelle et éviter la contrefaçon au maximum. Comment être sûr que les produits qui ne seront pas détruits ne vont pas alimenter un marché parallèle ? L’idée serait peut-être dans un premier temps de favoriser le recyclage des matières premières plutôt que de privilégier la destruction des produits.

« Notre idée, ce n’est pas de contraindre ou d’imposer, mais d’accompagner les entreprises dans la gestion de leurs stocks, de leur production, du recyclage de leurs produits (...) faire en sorte que nous passions à une étape nouvelle de notre fonctionnement économique », a ajouté le Premier ministre.

Pour les produits cosmétiques qui ne doivent pas être utilisés au-delà d’une certaine date, des solutions seront également à trouver.

« L’idée, à terme, c’est qu’il n’y ait plus d’invendus, avec une meilleure gestion des stocks », explique-t-on à Matignon.