Éducation nationale : après le fisc, une nouvelle fuite de données revendiquée
43 Go de données, 346 millions de lignes, plus de vingt ans d’archives scolaires : c’est ce que revendique le pirate informatique ZeroBytes, déjà à l’origine de la fuite visant la DGFiP. Selon les informations rapportées par FrenchBreaches, l’ampleur de cette nouvelle intrusion informatique visant l’Éducation nationale dépasserait largement ce qui avait été reconnu par le ministère fin juillet. Notons toutefois qu’à l’heure actuelle, le ministère de l’Éducation nationale n’a ni confirmé ni infirmé cette fuite de données.
Que sait-on de cette fuite de données ?
Selon les informations rapportées ce lundi 17 août 2026 par le site spécialisé FrenchBreaches, le pirate affirme avoir récupéré environ 43 gigaoctets, répartis dans près de 2 500 fichiers distincts. Le volume total avoisinerait les 346 millions de lignes de données brutes, sans déduplication. Ce chiffre ne correspond pas au nombre de personnes réellement affectées : une même personne peut apparaître plusieurs fois dans différents fichiers, selon son parcours scolaire, ses affectations successives ou ses différentes inscriptions administratives.
Les enregistrements les plus anciens remonteraient au milieu des années 2000, tandis que certaines données auraient été mises à jour jusqu’en juillet 2026.
Les systèmes visés par l’intrusion
Les données proviendraient de plusieurs bases et applicatifs utilisés au sein de l’Éducation nationale :
- BE1D (Base Élèves 1er Degré), dédiée à la gestion des écoles maternelles et élémentaires ;
- SCONET, utilisé pour le suivi des élèves du second degré (collèges et lycées) ;
- SCHAAF, système alimentant l’annuaire académique fédéré ;
- I-Prof, plateforme de gestion des personnels enseignants et administratifs, avec des exports concernant l’ensemble des 33 académies ;
- des outils de suivi individualisé destinés aux élèves en difficulté ou en risque de décrochage scolaire, utilisés notamment dans l’académie de Créteil.
À cela s’ajouteraient des extractions complètes d’annuaires LDAP des académies de Créteil et de Versailles, représentant à elles seules plusieurs centaines de milliers de comptes.
Qui est concerné par cette fuite ?
Plusieurs catégories de personnes seraient potentiellement touchées par cette fuite de données :
- des élèves du premier et du second degré ;
- des parents et responsables légaux ;
- des enseignants et personnels de l’Éducation nationale, toutes académies confondues ;
- des personnels administratifs ;
- des titulaires de comptes sur les réseaux académiques.
Selon FrenchBreaches qui rapporte des propos de ZeroBytes, les informations récupérées incluent notamment l’identité des personnes, leurs dates de naissance, leurs coordonnées, leur historique scolaire ou professionnel, ainsi que des éléments liés aux inscriptions, affectations ou formations suivies.
Les données les plus sensibles évoquées
Parmi l’ensemble des éléments cités, deux points retiennent particulièrement l’attention. D’une part, les annuaires LDAP de Créteil et Versailles contiendraient environ 600 000 comptes académiques au total, avec des informations sur les fonctions, disciplines, statuts et appartenances à différents groupes ou services. D’autre part, la présence d’empreintes cryptographiques de mots de passe est également évoquée dans ces extractions, ce qui, si elle était confirmée, constituerait un facteur de risque supplémentaire.
Des fichiers relatifs à la configuration technique de certains environnements serveurs auraient également été récupérés.
Ce qui reste incertain
À ce stade, plusieurs éléments n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante. C’est notamment le cas du nombre exact de personnes uniques concernées, de l’authenticité et de l’origine précise de chaque lot de données, ainsi que du périmètre technique complet de l’intrusion. Les conditions précises d’obtention de l’accès VPN revendiqué et le niveau de privilèges réellement obtenu sur les systèmes concernés restent également à établir.
Quels risques pour les personnes concernées ?
La diversité des données évoquées (identité, coordonnées, parcours scolaire ou professionnel) pourrait, si la fuite était confirmée dans son ampleur, faciliter certains types d’abus : tentatives de hameçonnage ciblé, usurpation d’identité, messages frauduleux se faisant passer pour une académie ou le ministère, ou encore recoupement avec d’autres fuites déjà connues.
Bon à savoir : les personnes concernées par le piratage de la DGFiP sont contactées depuis ce lundi 17 août.
Que faire si vous pensez être concerné ?
En l’absence de confirmation officielle détaillée sur le périmètre exact de cette fuite, vous devez rester vigilant face à tout message inhabituel se présentant comme émanant de l’Éducation nationale ou d’une académie, en particulier les demandes de renseignements personnels ou de connexion à des comptes. Il est également conseillé de vérifier régulièrement l’activité de vos comptes académiques et de modifier vos mots de passe par précaution, notamment si un même mot de passe est utilisé sur plusieurs services.