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Face à la mobilisation des gilets jaunes, un pacte social d'accompagnement de la transition écologique

Suite aux 2 dernières journées de mobilisation nationale du 24 et 25 novembre contre la hausse du prix des carburants et le manque de pouvoir d’achat, le gouvernement ne cèdera pas et prône la nécessité d’aller vers une transition écologique.

Le Président de la République n’a pas encore répondu aux gilets jaunes qui se mobilisent et organisent blocages et manifestations dans toute la France. Emmanuel Macron souhaite toutefois renouer le dialogue et « construire un pacte social de la transition énergétique ». Un point sur la situation.

Face à la mobilisation des gilets jaunes, un pacte social d’accompagnement de la transition écologique


Le gouvernement reste ferme sur la nécessité de conduire une transition écologique

Le chef de l’État ne s’est pas encore adressé directement aux gilets jaunes, mais le reste du gouvernement fait bloc autour de la nécessité de mettre en place une réelle transition énergétique.

« Il y a un cap qui a été fixé par le président de la République, c’est celui de la transition énergétique (...) Ce cap doit être tenu », a indiqué Bruno Lemaire, le ministre de l’Économie sur BFM TV dimanche 25 novembre. Cette démarche est nécessaire pour que « nos enfants vivent dans un environnement meilleur », avec « moins de CO2, moins de particules fines », a-t-il déclaré.

« Ce discours est compris par une très large majorité de Français (...) c’est peut-être sur les mesures d’accompagnement que l’on peut s’entendre », a-t-il ajouté.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérard Darmanin, a confirmé que le gouvernement ne reculera pas devant l’augmentation des taxes sur le carburant et a d’ailleurs tenu à signaler que les prix du pétrole connaissent actuellement une baisse : « Aujourd’hui, ce n’est pas le sujet, les prix à la pompe baissent », a-t-il noté. Le prix du pétrole « est moins important qu’en 2012 et moins important qu’il y a un an », a-t-il argué.

M. Darmanin a également rappelé que le but du gouvernement est de « passer d’une économie qui pollue et fait 50 000 morts par an à une économie qui espérons le pollue moins et ne fasse évidemment pas les morts d’un scandale semblable à celui de l’amiante ». « Ce n’est pas parce qu’il y a des contestations qu’un responsable politique doit changer ce pour quoi il se bat, à savoir qu’il y ait moins de morts et moins de maladies » a-t-il dit.

Or, « manifestement, on a loupé quelque chose dans l’explication de la taxe carbone » a-t-il déclaré face à la mobilisation des gilets jaunes.

Des mesures d’accompagnement à l'étude

Le président de la République en déplacement à Bruxelles ce dimanche a déclaré : « Il n’y a pas de projet de société et il n’y a pas de projet politique — au niveau national et européen — si nous n’apportons pas une réponse claire à nos classes moyennes et à nos classes laborieuses. »

Des éléments de réponses sont en effet attendus en ce début de semaine, avec une possible mise en place d’un « prêt vert » de « 2, 3 ou 4 mois » pour combler le vide de trésorerie entre l’achat d’un véhicule éligible et le versement de la prime à la conversion de 2 000 ou 4 000 €.

Une aide pour les commerçants qui subissent des baisses de chiffre d’affaires pendant les mobilisations

Autre secteur qui grogne, les commerçants qui subissent blocages et parfois dégradations de leur commerce lors des manifestations. Le ministre de l’Économie a fait savoir qu’il rencontrerait à Bercy ce lundi 26 novembre des acteurs de la distribution et des organisations patronales au sujet des baisses parfois colossales de chiffres d’affaires liées à la mobilisation des gilets jaunes. En effet, certains magasins ont connu des baisses de chiffre d’affaires de « 60, 70 ou 80 % », a-t-il dit. Il compte demander aux assureurs de prendre à leur charge une partie de ces pertes.



« Construire un pacte social de la transition écologique »

Le chef de l’État souhaite renouer le dialogue et s’exprimera mardi 27 novembre lors de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie). Il compte « redonner le cap pour ce qui est de la transition énergétique » et « donner une nouvelle méthode pour que cette transition soit la plus juste possible », a expliqué à l’AFP une porte-parole de l’Élysée.

Emmanuel Macron souhaite « construire un pacte social de la transition écologique » qui s’appuierait sur la mobilisation des corps intermédiaires (associations, syndicats, etc.) et impliquerait plus directement les Français. Pour aller à la rencontre de ces acteurs, un « tour de France » est envisagé.

D’autres mesures concernant les transports devraient être annoncées dans la journée, suite à la présentation du projet de loi d’orientation pour la mobilité d’Elizabeth Borne, la ministre des Transports, en Conseil des ministres.