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Famille nombreuse : la majoration de 10 % pour la retraite bientôt remplacée ?

Le budget 2027 prévoit de remplacer la majoration de 10 % pour famille nombreuse par un forfait. Montant, calendrier, qui est concerné : on fait le point.
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Les parents d’une famille nombreuse pourraient voir le calcul de leur pension évoluer. En effet, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit de remplacer la majoration de 10 % par un montant forfaitaire. Le texte doit encore passer devant le Parlement. Voici ce que l’on sait aujourd’hui.

Famille nombreuse : la majoration de 10 % pour la retraite bientôt remplacée ?



Que prévoit le projet de budget pour la famille nombreuse ?

Aujourd’hui, les parents qui ont eu ou élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de 10 % de leur pension, qu’il s’agisse de la retraite de base ou de la retraite complémentaire. Le calcul est proportionnel : plus la pension est élevée, plus le bonus l’est aussi.

Le gouvernement veut rompre avec cette logique. Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, l’article 34 prévoit que les assurés ayant eu ou élevé un nombre minimum d’enfants verront leur pension majorée d’un montant forfaitaire.

Les conditions d’accès et les modalités de calcul seraient précisées par décret. Selon le texte, le montant dépendrait du nombre d’enfants et de la pension de base. Le projet crée également une majoration forfaitaire complémentaire, dont le montant varie selon le nombre d’enfants et sera lui aussi fixé par décret. Autre nouveauté : un plafond serait instauré. Après application des majorations, la pension ne pourrait pas dépasser le montant du traitement ou de la solde pris en compte pour son calcul.

Pourquoi le gouvernement veut changer la règle ?

L’exécutif met en avant un argument d’égalité entre les femmes et les hommes. L’exposé des motifs du projet rappelle que l’écart moyen de pension entre les deux sexes atteignait 37 % en 2023, en raison notamment des effets de la parentalité sur la carrière des mères (temps partiel, interruptions d’activité).

Le gouvernement estime que la majoration de 10 % accentue ce déséquilibre. Comme elle est proportionnelle, elle rapporte davantage aux pensions les plus élevées, donc plus souvent à des hommes. Les chiffres de 2020 cités dans la présentation du budget sont éloquents : près de 62 % des montants versés allaient à des pères, contre 38 % à des mères. Le bénéfice moyen s’élevait à 136 € par mois pour un homme, contre 77 € pour une femme.

Le cabinet du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, précise que les pères et les mères sont aussi nombreux à bénéficier de la majoration. La différence vient donc des sommes perçues, pas du nombre de bénéficiaires. Le ministre avait lui-même évoqué le sujet en septembre en estimant qu’un enfant rapporte plus à un homme qu’à une femme.

Quel montant pour le futur forfait ?

À ce stade, aucun montant officiel n’a été annoncé. La piste la plus souvent citée est celle d’un forfait de 125 € par mois, proposé cet été dans un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Ce rapport cherchait à dégager 4,2 milliards d’euros d’économies sur les politiques familiales.

En 2025, la Drees (service statistique des ministères sociaux) avait de son côté simulé un forfait de 150 € mensuels. Son constat est plus nuancé : le passage à un forfait ne corrigerait que très faiblement l’écart. La pension moyenne des femmes progresserait de 0,3 % et celle des hommes reculerait dans la même proportion. Le rapport entre les deux passerait de 84,9 % à 85,5 % pour la génération étudiée. La Drees jugeait plus efficace de réserver le forfait aux seules femmes.




Qui serait gagnant, qui serait perdant ?

Selon les simulations de l’Igas et de l’IGF, les 40 % de bénéficiaires aux pensions les plus modestes verraient leur pension augmenter. À l’inverse, les 20 % de retraités aux pensions les plus élevées toucheraient moins qu’aujourd’hui, avec une baisse moyenne de 1,9 % pour les hommes et de 1,3 % pour les femmes. Dans l’hypothèse d’un forfait de 125 €, les économies seraient de 1,1 milliard d’euros sur dix ans.

Le gouvernement assure de son côté vouloir mener cette réforme à coût global constant. Il cite aussi des exemples : une salariée du privé ayant effectué une carrière complète au SMIC gagnerait 15 € de plus par mois qu’avec la majoration actuelle, et jusqu’à 32 € pour une carrière validée à 85 %.

Du côté des associations, la fédération Familles de France demande qu’aucune famille nombreuse ne soit perdante dans la réforme. Elle plaide pour une meilleure reconnaissance des conséquences de la maternité sur les retraites, sans que la correction des inégalités ne pèse sur ces familles.

Les retraités actuels sont-ils concernés ?

Non. Les personnes qui perçoivent déjà la majoration de 10 % ont liquidé leur retraite : leurs droits sont acquis et ne seraient pas modifiés. La réforme ne viserait que les futurs retraités.

À partir de quand cette réforme s’appliquerait-elle ?

Si le Parlement adopte la mesure, le nouveau dispositif s’appliquerait aux pensions liquidées à partir du 1er juillet 2027. Il ne s’agit pour l’instant que d’un projet : le texte doit encore être débattu et voté, et le montant du forfait reste à définir par décret.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.