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Fibre : l'aide Cohésion numérique des territoires est suspendue

L’aide de l’État pour les foyers privés de fibre est suspendue. Découvrez pourquoi et combien de locaux restent non raccordés en France.
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Vous comptiez sur une aide de l’État pour financer votre accès à Internet sans la fibre ? Un coup d’arrêt vient d’être annoncé. Alors que la couverture fibre approche des 100 % sur le territoire, plusieurs millions de foyers restent toujours privés de raccordement, et devaient jusqu’ici compter sur un soutien financier pour s’équiper en solution alternative. Ce filet de sécurité vient pourtant de s’arrêter. Explications.

Fibre : l’aide Cohésion numérique des territoires est suspendue



Qu’est-ce que le dispositif Cohésion numérique des territoires ?

Piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) dans le cadre du programme France Très Haut Débit, le dispositif Cohésion numérique des territoires visait à accompagner financièrement les foyers et les entreprises qui n’avaient pas encore accès à un Internet fixe performant, en attendant leur raccordement à la fibre optique.

Concrètement, l’État prenait en charge une partie des frais liés à l’installation de technologies alternatives à la fibre, à savoir le satellite, la boucle locale radio et la 4G fixe. Cette prise en charge portait uniquement sur les coûts d’équipement, d’installation ou de mise en service, et non sur les frais d’abonnement mensuel. Le dispositif s’appuyait sur un réseau de douze opérateurs, proposant près de 200 offres labellisées « Cohésion numérique », réparties sur l’ensemble du territoire.

Trois niveaux d’aide coexistaient jusqu’ici :

  • jusqu’à 150 euros pour les offres de Bon Haut Débit destinées aux territoires ultramarins ;
  • jusqu’à 300 euros pour les offres de Très Haut Débit ;
  • jusqu’à 600 euros pour les foyers éligibles à un minimum social ou dont le quotient familial CAF ou MSA était inférieur à 700 euros mensuels.

L’avantage du système reposait sur sa simplicité pour les usagers : aucune démarche administrative n’était à engager, l’opérateur labellisé se chargeant directement de déduire l’aide de la première facture.

Bon à savoir : vous souhaitez connaître le montant des aides qui peuvent être accordées pour vos travaux de raccordement à la fibre optique ? Découvrez les dispositifs concernés dans notre article Fibre optique : découvrez combien vous pouvez recevoir pour vos travaux de raccordement.

Pourquoi le dispositif est-il suspendu ?

L’ANCT l’indique sans détour sur son site : « le dispositif Cohésion numérique des territoires est momentanément suspendu ». Cette décision fait suite, selon l’Agence, à « l’analyse de la consommation de l’enveloppe budgétaire allouée au regard des montants d’ores-et-déjà avancés et des montants prévisionnels remontés par les opérateurs ».

En clair, le budget prévu pour financer cette aide arrive à épuisement. Ce budget avait été calibré sur l’hypothèse d’une généralisation de la fibre optique à l’ensemble du territoire d’ici fin 2025. Or cet objectif n’a pas été atteint, et la demande de raccordements alternatifs se poursuit dans les zones où le déploiement de la fibre reste inachevé, en particulier sur ce que l’on appelle communément le « dernier kilomètre », c’est-à-dire les locaux les plus complexes et les plus coûteux à raccorder.

Combien de foyers sont encore concernés ?

Les derniers chiffres publiés par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) permettent de mesurer l’ampleur de la situation. À la fin du mois de juin 2026, la fibre optique couvrait 95,3 % des locaux en France, sur un total de 45,2 millions de locaux recensés. En intégrant les autres technologies filaires à très haut débit, comme le câble ou le VDSL2, ce taux atteint 96,7 %.

Cette progression est réelle : le taux de couverture fibre s’élevait à 89 % en juin 2024, puis à 93 % en juin 2025. Le nombre de locaux restant à raccorder a ainsi été divisé par plus de deux en deux ans, passant de 5,1 millions à 2,1 millions.

Ces 2,1 millions de locaux non raccordables constituent toutefois les cas les plus difficiles à traiter. Plus d’un tiers d’entre eux sont bloqués pour des raisons indépendantes des opérateurs, comme un refus d’intervention de la part de syndicats de copropriété ou des chantiers de construction encore en cours.




 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.