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Fruits et légumes bio : Les prix sont plus élevés en grandes surfaces selon l'UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir a récemment publié une étude qui montre que la différence de prix entre les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique et ceux provenant de l’agriculture conventionnelle est principalement due aux marges impressionnantes que s’octroient les enseignes de la grande distribution. Le point sur la situation.
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On pense souvent qu’acheter bio coûte plus cher. En l’occurrence, il s’agit peut-être plus d’une idée reçue que d’une réalité. C’est en tout cas ce que démontre une étude publiée par l’UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs dénonce les sur-marges de la grande distribution sur les fruits et légumes bio et montre que les prix pratiqués dans les enseignes spécialisées sont plus raisonnables.

Fruits et légumes bio : Les prix sont plus élevés en grandes surfaces selon l'UFC-Que Choisir


La grande distribution pratique des sur-marges sur les fruits et légumes bio

C’est une étude de l’Association presse et de l’Observatoire de la formation des prix et des marges qui a récemment permis à l’association de consommateurs UFC-Que Choisir de mettre en évidence les sur-marges pratiquées par les enseignes de grande distribution au rayon fruits et légumes bio.

De plus en plus de Français soucieux de leur santé et de l’environnement consomment « bio », un marché en plein essor qui connait une hausse de 36 % sur ces deux dernières années. La grande distribution voit cela comme une aubaine et profite de cette tendance pour augmenter ses bénéfices, en imposant des marges élevées.

« Sur la base des cotations officielles publiées pour 24 fruits et légumes, l’UFC-Que Choisir dénonce le niveau exorbitant des marges brutes sur le bio : en moyenne, 75 % plus élevées qu’en conventionnel ».

Des marges plus importantes sur les produits les plus consommés

Sur l’oignon, l’ail ou la carotte, les marges de la grande distribution sont les mêmes qu’il s’agisse de bio ou d’agriculture conventionnelle.

En revanche, sur la pomme de terre, la tomate ou la pomme qui font partie des fruits et légumes préférés des Français, « les marges brutes sont respectivement 83 %, 109 % et 149 % supérieures au conventionnel. La palme des sur-marges revient au poireau, où la grande distribution marge 2,5 fois plus sur le bio que sur le conventionnel (+ 165 %) ».

Ces marges ne reflètent pas le surcoût réel du bio. Concrètement, une pomme issue de l’agriculture biologique coûte 70 % plus cher à produire qu’une pomme issue de l’agriculture conventionnelle. Mais lorsqu’on l’achète en supermarché, à cause de la sur-marge des enseignes (+ 149 %), la pomme bio a un prix affiché 2 fois plus élevé en rayon que son équivalent conventionnel.

Les fruits et légumes bio moins chers en magasins spécialisés

Que Choisir indique également que les fruits et légumes vendus dans les magasins uniquement « bio » sont en moyenne 19 % moins chers que ceux estampillés bio vendus en grande surface.

L’association conseille donc aux consommateurs de se tourner vers ces enseignes pour leurs achats de fruits et légumes, en espérant que cette situation de concurrence pousse les géants de la grande distribution à adopter des marges plus raisonnables.



La Fédération du commerce et de la distribution se défend

Jacques Creyssel, Directeur général de la FDC (Fédération du commerce et de la distribution), a dénoncé une étude « sans méthodologie » qui « ne repose sur rien de sérieux ».

Selon lui, « Les prix des fruits et légumes évoluent selon la météo, les arrivages, il faut regarder une période beaucoup plus longue que dix jours », peut-on lire dans les colonnes du Parisien.

Il reproche également à l’UFC-Que choisir de parler de « marges brutes » alors qu’il faudrait tenir compte des « marges nettes » qui, elles intègrent les « coûts du distributeur » tels que les loyers, les rémunérations des salariés, etc. Il précise néanmoins que ces données sont confidentielles pour toutes les enseignes.

Enfin, des « coûts spécifiques » doivent être appliqués aux produits bio. Le directeur général de la FCD met en avant des « durées de vie plus courtes » et « davantage de main-d’œuvre » pour emballer les fruits et légumes qui doivent être distingués des autres produits issus de l’agriculture conventionnelle.