Garde d'enfants : l'UFC-Que Choisir alerte sur le manque de places
Si le résultat est simple, le constat de l’UFC-Que Choisir est problématique. En 2020, la France comptait 1,3 million de places en « accueil formel », c’est-à-dire chez un assistant maternel, une nounou à domicile, dans une crèche, en micro-crèche ou encore en école maternelle. Le hic ? Dans le même temps, il y avait 2,2 millions d’enfants de moins de 3 ans. Autrement dit, plus de 4 familles sur 10 doivent trouver un mode d’accueil alternatif.
Des inégalités en fonction des départements
Attention toutefois, des écarts « abyssaux » sont constatés en fonction des départements, précise l’UFC-Que Choisir. À titre d’exemple, en 2020 en Mayenne, le taux de couverture, c’est-à-dire le pourcentage de places proposées pour 100 enfants de moins de 3 ans, est de 83,1 %. À l’inverse, il est de 32,2 % en Seine-Saint-Denis.
De même, la zone méditerranéenne manque cruellement de places en crèche ou d’assistants maternels : le taux de couverture est inférieur à 50 % dans les Alpes-Maritimes (49,8 %), le Var (49,4 %), les Bouches-du-Rhône (46,8 %) et l’Aude (46,5 %). En revanche, il atteint 81,7 % en Vendée et 78,1 % dans le Maine-et-Loire et dans le Morbihan.
Bon à savoir : le taux de couverture moyen en France était de 58,8 % en 2020 contre 59,8 % en 2019.
Nounou ou crèche : le reste à charge pour les familles n’est pas le même
Et si certains parents font le choix de garder leur enfant, pour d’autres, il s’agit d’une solution par défaut. S’ils avaient obtenu une place en crèche, les enfants seront moins souvent gardés par leurs parents (36 %) et plus souvent accueillis dans un établissement d’accueil du jeune enfant (35 %), indiquait une étude de la Drees parue en février dernier.
Des situations non voulues qui peuvent se répercuter sur le pouvoir d’achat des parents. L’absence de solution de garde d’enfants a un impact sur la situation professionnelle des mères essentiellement. De plus, le reste à charge n’est pas le même lorsqu’une famille a recours à un assistant maternel ou obtient une place en crèche.
Ainsi, selon l’UFC-Que Choisir qui cite un rapport de la Sécurité sociale, un couple au SMIC a un reste à charge moyen de 56 euros par mois si son enfant à une place en crèche. Si le petit est gardé par un assistant maternel, les dépenses atteignent 178 euros par mois, soit 3 fois plus. Et la situation s’inverse pour les ménages plus fortunés : chaque mois, un couple touchant 5 fois le SMIC doit payer 469 euros son assistant maternel contre 508 euros une place en crèche.
À noter : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 adoptée l’an dernier prévoit d’harmoniser les restes à charge entre l’accueil en crèche et l’accueil chez un assistant maternel. Le prix devrait être le même « en 2025 », a assuré Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie.
L’UFC-Que Choisir réclame un droit opposable
Alors, face à ces problématiques, l’UFC-Que Choisir demande au gouvernement de créer un « droit opposable à un mode de garde de qualité et abordable ». Promise par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2007, et abandonnée par la suite, cette mesure faisait également partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron en 2022.
Ce dispositif doit inciter « les communes à ouvrir des places en crèches, à développer les réseaux d’assistantes maternelles », précisait alors le chef de l’État. Et si aucune solution de garde n’est proposée, une aide sera directement versée aux familles.
Reste donc à savoir si ce droit opposable verra le jour. Pour rappel, le gouvernement a promis 200 000 places de gardes supplémentaires d’ici 2030.