Grève du 29 septembre : écoles, France Travail… à quoi faut-il s'attendre ?
Ce mardi 29 septembre 2026, une journée nationale de grève et de manifestations touche l’ensemble de la fonction publique. Surnommée « journée noire » par plusieurs médias, cette mobilisation intervient à un moment stratégique du calendrier politique et budgétaire : elle précède de quelques jours l’ouverture des débats sur le budget 2027, ainsi qu’une réunion consacrée aux suites du rendez-vous salarial dans la fonction publique. Suivez notre direct.
- L'intersyndicale de la fonction publique appelle à la grève aujourd'hui pour obtenir des revalorisations salariales et protester contre le gel du point d'indice des fonctionnaires prévu dans le budget 2027.
- De fortes perturbations sont attendues sur certaines lignes franciliennes de banlieue, dont le RER D.
- La direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire leurs programmes de vols sur les aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et de Marseille-Provence.
Plus d’un enseignant sur dix en grève, d’après les chiffres du ministère
Selon les chiffres communiqués mardi par le ministère de l’Éducation nationale, 13,71 % des enseignants sont en grève, en moyenne, dans les écoles, collèges et lycées.
En prenant en compte l’ensemble des personnels des établissements scolaires, le taux de grévistes s’établit à 11,47 %. Les écoles et les collèges enregistrent la proportion la plus importante, avec environ 15 % de grévistes, contre 10 % dans les lycées d’enseignement général et technologique et 7,75 % dans les lycées professionnels.
Dans le détail, les personnels de vie scolaire sont les plus mobilisés : plus de 27 % des assistants d’éducation (AED) et des conseillers principaux d’éducation (CPE) sont en grève.
40 interpellations recensées depuis ce matin aux abords des lycées
Les manifestations et les blocages organisés aux abords des lycées ont donné lieu à 40 interpellations mardi et fait 10 blessés parmi les élèves et les personnels, selon le ministère de l’Éducation nationale. Au total, 338 établissements ont été concernés depuis le début de la journée.
À la mi-journée, 316 lycées étaient encore concernés par ces mobilisations. Parmi eux, 40 étaient bloqués et 44 faisaient l’objet de tentatives de blocage, a précisé le ministère.
Des lycées bloquées
Plusieurs lycées ont été bloqués ce matin dans différentes villes de France. À Paris, le lycée Hélène-Boucher, situé dans le 20e arrondissement, est inaccessible.
La mobilisation concerne également d’autres établissements, notamment le lycée Lesdiguières à Grenoble et le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis. À Lille, le lycée Montbello est aussi bloqué et les cours ont été annulés pour toute la journée.
Le trafic aérien perturbé ce mardi
Ce mardi 29 septembre, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire de 5 % leurs programmes de vols à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, entre 7 heures et 20 heures. À Marseille-Provence, la réduction demandée atteint 25 % entre 16 heures et minuit.
D’autres perturbations sont également attendues au cours de la journée dans plusieurs aéroports, notamment à Nantes-Atlantique, Strasbourg-Entzheim, Limoges, Tarbes-Lourdes-Pyrénées et Pau-Pyrénées, sur certains créneaux horaires. La DGAC recommande aux passagers de se rapprocher de leur compagnie aérienne afin de vérifier les éventuelles modifications de leur vol.
40% de grévistes dans les écoles ?
Selon le Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire, près de 40 % des professeurs des écoles pourraient participer à la grève. Parmi leurs principales revendications figure notamment une revalorisation salariale.
Mobilisation du 29 septembre : des lycéens appelés à bloquer leur établissement
La principale organisation lycéenne appelle les élèves à participer à une journée d’action ce mardi 29 septembre, notamment en procédant au blocage de certains établissements. Cette initiative intervient alors qu’une journée nationale de mobilisation est également prévue dans la fonction publique.
Où auront lieu les manifestations du 29 septembre ?
Pour permettre aux personnes qui souhaitent connaître le lieu et l’heure de la manifestation du 29 septembre près de chez elles, la CGT a publié une carte recensant les différents rendez-vous annoncés. Les informations étant susceptibles d’évoluer, il est recommandé de vérifier les données avant de se déplacer.
Parmi les principaux rendez-vous recensés par la CGT figurent :
- Paris : 14h, place de la République ;
- Marseille : 10h30, Réformés – Haute Canebière ;
- Nice : 9h30, place Garibaldi ;
- Toulouse : 14h, secteur Saint-Cyprien ;
- Bordeaux : 12h30, place de la République ;
- Lyon : 10h30, Manufacture des Tabacs ;
- Lille : rendez-vous indiqué dans la liste de la CGT ;
- Nantes : 10h, Miroir d’eau ;
- Montpellier : 14h, place Albert 1er ;
- Rennes : 11h, place du Général-de-Gaulle ;
- Strasbourg : rendez-vous indiqué dans la liste de la CGT ;
- Grenoble : 10h, place Victor-Hugo ;
- Rouen : 10h, cours Clemenceau ;
- Toulon : 10h30, place de la Liberté ;
- Avignon : 10h30, cours Jean Jaurès.
Cette liste ne constitue qu’une sélection des rassemblements annoncés. De nombreuses autres villes sont concernées par la mobilisation.
Ile-de-France : à quelles perturbations s’attendre dans les transports ?
Les usagers du métro parisien ne devraient pas connaître de perturbations majeures mardi 29 septembre. Le trafic est annoncé comme normal sur l’ensemble du réseau de métro. Les voyageurs utilisant les RER A et B, exploités par la RATP, devraient également pouvoir circuler normalement.
La situation est différente sur les lignes relevant de la SNCF. Plusieurs axes franciliens feront en effet l’objet de perturbations plus ou moins importantes au cours de la journée. Les difficultés concerneront principalement les RER C, D et E.
Le trafic est annoncé comme perturbé sur le RER C et le RER E. La situation sera davantage compliquée sur le RER D, où le trafic est prévu comme fortement perturbé. Ces différences s’expliquent notamment par le fait que ces lignes sont exploitées par la SNCF, contrairement aux RER A et B dans les secteurs concernés.
Les personnes qui empruntent habituellement ces lignes pour se rendre au travail ou effectuer un déplacement en Île-de-France ont donc intérêt à vérifier leur trajet avant de partir.
Les perturbations concerneront également le réseau Transilien. La ligne R devrait connaître un trafic fortement perturbé, tandis que la ligne V sera également affectée, avec un trafic annoncé comme perturbé.
À ce stade, les autres lignes du réseau Transilien doivent fonctionner normalement. Les prévisions détaillées peuvent toutefois évoluer à l’approche de la journée de mobilisation. Les horaires et trains effectivement maintenus doivent notamment être vérifiés avant le déplacement.
Combien de temps une grève peut-elle durer ?
Une grève n’a pas de durée maximale fixée à l’avance. Elle peut se limiter à quelques heures ou à une journée, mais aussi se prolonger pendant plusieurs jours, voire davantage, selon les secteurs et les circonstances. Tout dépend notamment des décisions prises par les salariés et les organisations syndicales, ainsi que de l’évolution des discussions avec l’employeur ou les pouvoirs publics.
Une mobilisation peut également prendre la forme de plusieurs journées de grève successives ou espacées. Pour la grève du 29 septembre 2026, la journée annoncée constitue donc un point de mobilisation précis, mais sa durée et ses éventuelles suites dépendront des décisions prises après cette date.
Grève à l’école : c’est quoi le service minimum ?
Le service minimum d’accueil (SMA) permet d’assurer la prise en charge des enfants lorsque des enseignants sont en grève dans une école maternelle ou élémentaire. Il ne s’agit pas de maintenir les cours : les élèves sont accueillis pendant le temps scolaire par des personnels mobilisés à cet effet. Lorsque 25 % ou plus des enseignants d’une commune ont déclaré leur intention de faire grève, c’est la commune, ou l’établissement public de coopération intercommunale lorsqu’il en a la compétence, qui doit organiser cet accueil.
En dessous de ce seuil, l’accueil peut être assuré par les enseignants qui ne participent pas au mouvement, selon les modalités prévues par les règles applicables.
Pourquoi les journées de grève ont-elles souvent lieu un mardi ou jeudi ?
Si les journées de grève sont régulièrement organisées un mardi ou un jeudi, ce choix n’est généralement pas lié au hasard. Les organisations syndicales cherchent notamment à favoriser la participation des salariés tout en donnant davantage de visibilité à la mobilisation. En effet, le lundi et le vendredi sont parfois associés à des jours de congé ou à des week-ends prolongés. Le mercredi peut quant à lui être une journée dédiée aux enfants.
Il ne s’agit toutefois pas d’une règle : la date d’une grève dépend avant tout du contexte social, du calendrier des négociations et des décisions prises par les organisations qui appellent à la mobilisation.
Grève du 29 septembre : quels syndicats appellent à la mobilisation ?
L’appel à la grève du 29 septembre est porté par une intersyndicale large, réunissant les principales organisations représentatives de la fonction publique :
- la CGT ;
- Force Ouvrière (FO) ;
- la CFDT ;
- l’UNSA ;
- la FSU ;
- Solidaires ;
- la CFE-CGC ;
- la FA-FP.
Quelles sont les principales revendications des syndicats ?
Au cœur du mouvement, la question salariale occupe une place centrale. Les organisations syndicales formulent plusieurs demandes précises.
Une revalorisation générale des rémunérations
Les syndicats réclament une hausse significative de la valeur du point d’indice, socle de calcul des salaires des fonctionnaires, avec une indexation sur l’inflation. Ils demandent également une refonte des grilles indiciaires, afin de permettre une véritable progression salariale tout au long de la carrière et non plus une quasi-stagnation pour certains agents.
Le rétablissement du pouvoir d’achat
Autre demande forte : la réintégration de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA), un dispositif censé compenser la perte de pouvoir d’achat liée à l’évolution du traitement indiciaire. Les syndicats souhaitent aussi le maintien à 100 % de la rémunération en cas de congé de maladie ordinaire, et demandent l’abrogation du jour de carence appliqué aux agents publics en arrêt maladie.
L’égalité salariale entre les femmes et les hommes
L’intersyndicale porte également des revendications sur l’égalité professionnelle, avec des garanties attendues concernant la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale entre les femmes et les hommes.
Une amélioration des conditions d’emploi
Enfin, les organisations syndicales demandent une amélioration des conditions d’emploi et de rémunération pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Éducation nationale : un secteur en première ligne
Dans l’Éducation nationale, la mobilisation intervient tout juste un mois après la rentrée scolaire. Les enseignants, CPE, psychologues de l’Éducation nationale, AESH et assistants d’éducation sont appelés à se joindre au mouvement. Les fédérations syndicales du secteur, dont le SNES-FSU, mettent à disposition des personnels plusieurs outils pour préparer la journée : cartographie des rassemblements prévus sur le territoire, tracts d’information.
Au-delà des salaires, les personnels du secteur pointent également le manque d’effectifs dans les établissements. Selon les syndicats, plusieurs collèges et lycées auraient démarré l’année scolaire avec une équipe pédagogique incomplète, une situation qui alimente les tensions à l’approche de cette journée d’action.
France Travail également concerné par le mouvement
La mobilisation ne se limite pas à l’Éducation nationale. Les agents de France Travail sont eux aussi appelés à faire grève et à manifester le 29 septembre, à l’initiative d’une intersyndicale réunissant CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC, FO, FSU, SNAP, STC, SUD et UNSA.
Les revendications portées dans ce secteur recoupent en partie celles de la fonction publique dans son ensemble, avec toutefois des demandes propres à France Travail :
- l’augmentation générale des salaires et traitements ;
- l’arrêt immédiat du déploiement du plan d’efficience et des réorganisations jugées permanentes ;
- le recrutement en contrats à durée indéterminée et la titularisation des contrats à durée déterminée, au regard de la charge de travail des équipes ;
- la suspension du déploiement de tout nouveau projet intégrant l’intelligence artificielle, tant qu’un accord collectif n’aura pas encadré son utilisation et ses impacts sur les métiers.
Votre enfant aura-t-il classe ce mardi 29 septembre ?
C’est souvent la première question que se posent les parents à l’approche d’une journée de grève dans l’Éducation nationale : l’école, le collège ou le lycée de leur enfant sera-t-il ouvert ? La réponse dépend avant tout du niveau scolaire concerné, car les règles ne sont pas les mêmes partout.
Dans les écoles maternelles et élémentaires
Depuis la loi du 20 août 2008, un droit d’accueil s’applique aux élèves des écoles maternelles et élémentaires publiques les jours de grève. Concrètement, lorsque le taux de grévistes dans une école dépasse 25 % des enseignants, la commune a l’obligation d’organiser un service minimum d’accueil (SMA) pour les enfants dont les parents en font la demande, même si les cours ne peuvent pas être assurés normalement.
Au collège et au lycée
La situation est différente dans le second degré. Il n’existe pas d’obligation légale d’accueil équivalente à celle prévue pour le premier degré. Chaque établissement organise l’information des familles selon ses propres moyens, le plus souvent via l’espace numérique de travail (ENT), un mot dans le carnet de correspondance ou une communication directe de la vie scolaire.
Dans les collèges et les lycées, certains cours peuvent donc être annulés en raison de l’absence d’enseignants, sans qu’un accueil de substitution soit systématiquement proposé pour les créneaux concernés.
Ce que les parents peuvent faire en amont
Face à ces incertitudes, il est conseillé de :
- consulter l’ENT ou le carnet de correspondance de l’enfant dans les jours précédant ;
- se rapprocher directement de la direction de l’établissement ;
- prévoir une solution de garde alternative en cas de fermeture de classe ou d’absence d’accueil, en particulier en maternelle et en élémentaire.
Les taux de participation à la grève pouvant varier fortement d’un établissement à l’autre, aucune règle nationale ne permet de prédire avec certitude si une classe donnée sera ouverte ou fermée le jour de la mobilisation.
Quelles conséquences pour les usagers ?
Une mobilisation de cette ampleur, touchant simultanément l’Éducation nationale et d’autres administrations comme France Travail, est susceptible d’entraîner des perturbations sensibles pour les usagers le 29 septembre :
- ralentissement de l’accueil dans certaines agences ou services administratifs ;
- cortèges et rassemblements organisés dans de nombreuses villes de France, avec des conséquences possibles sur la circulation.
Que se passera-t-il après le 29 septembre ?
Pour les organisations syndicales, cette journée de mobilisation constitue une étape, et non un aboutissement. Elles annoncent vouloir faire régulièrement le point sur les conditions de rentrée et sur la mobilisation, afin de décider des suites à donner à l’action dans la durée, en fonction des réponses apportées par le gouvernement à l’issue des débats budgétaires.
La suite du mouvement dépendra largement des arbitrages qui seront rendus dans le cadre de la préparation du budget 2027 et des annonces qui pourront être faites lors de la réunion consacrée aux salaires dans la fonction publique.