Hôpitaux publics : le salaire des médecins intérimaires augmente
Le gouvernement joue gros. En effet, à partir du 3 avril, les hôpitaux publics ne pourront plus payer les médecins intérimaires au-dessus d’un tarif maximum. Et si l’exécutif veut mettre fin à ce qu’il appelle l’intérim « mercenaire », dans lequel des médecins ont une rémunération largement supérieure au plafond légal, certains établissements craignent de devoir fermer leurs services en raison d’un manque de praticiens.
Médecins intérimaires : le plafond va passer à 1 390 € brut pour 24 heures de travail
Alors pour éviter ces possibles fermetures de services hospitaliers, le ministre de la Santé a annoncé ce lundi 27 mars une augmentation d’environ 20 % du plafond. Ainsi, les médecins intérimaires pourront percevoir au maximum 1 390 € brut pour 24 heures de travail, contre 1 170 € selon le plafond précédemment en vigueur.
De plus, François Braun a également promis une augmentation de la prime de solidarité territoriale. Elle concerne les « activités effectuées au-delà des obligations de service du praticien sous forme de travail additionnel », précise l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie sur son site. Autrement dit, il s’agit d’un médecin en hôpital qui accepte de prêter main-forte à un autre établissement de la même région.
Pour rappel, le montant de la prime de solidarité territoriale est fixé par l’ARS. Toutefois, le ministre de la Santé a indiqué qu’un médecin intérimaire pourrait percevoir au maximum « 1 700 € brut » pour une garde de 24 heures pendant la semaine et jusqu’à « 2 200 € brut » pour 24 heures durant le week-end.
Bon à savoir : le plafond des salaires des médecins intérimaires existe déjà à l’heure actuelle. Cependant, les établissements peuvent proposer des rémunérations supérieures afin d’attirer des praticiens. Or, comme le prévoit l’article 33 de la loi Rist votée en 2021 et qui sera appliquée à partir du 3 avril 2023, dépasser ce seuil sera alors impossible. En tout, selon le gouvernement l’intérim médical représente chaque année 1,5 milliard d’euros.
Ces annonces vont-elles empêcher la fermeture de certains services ?
Reste désormais à savoir si ces annonces vont permettre d’éviter les fermetures partielles des hôpitaux. Car pour rappel selon une étude menée par le SNMRH (Syndicat national des médecins remplaçants hospitaliers) et publiée la semaine dernière, 107 services hospitaliers, soit 69 hôpitaux, pourraient fermer en raison du manque de praticiens dû à la loi Rist.
Et si toutes les régions sont concernées, dans certains cas ce sont les services de maternité, des blocs opératoires ou d’urgences qui pourraient être impactés.
Ci joint la liste non exhaustive des services #hospitaliers menacés de fermeture dès le 3Avril avec la diminution de 50% des
— SNMRH (@cdmrehp) March 24, 2023
revenus des #médecins remplaçants.@sedatif @laFHF @ArnaudRobinet@FrcsBraun @franceinter @BFMTV @TF1@Francetele @le_Parisien @libe@EgoraInfo @lemondefr pic.twitter.com/bb5Bz5IWFk