Il n'a jamais travaillé, pourquoi sa retraite est plus élevée que la mienne ?
Pourquoi sa retraite est plus élevée que la mienne alors qu’il n’a jamais travaillé ?Beaucoup de retraités se posent cette question en voyant un proche, parfois sans carrière professionnelle, percevoir une pension proche, voire supérieure à la leur. Derrière cette impression d’injustice se cachent en réalité deux mécanismes bien distincts : une vraie retraite, calculée sur des droits acquis sans salaire classique ou une allocation de solidarité, qui n’est pas une retraite au sens strict, mais un filet social pour les seniors aux ressources très faibles.
Quand il n’a jamais travaillé… mais a des droits à la retraite
Dire qu’une personne n’a jamais travaillé ne signifie pas forcément qu’elle n’a aucun droit à la retraite. Certains dispositifs permettent de valider des trimestres sans emploi salarié classique.
L’Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF)
L’Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) permet à un parent au foyer de valider des trimestres de retraite en s’occupant d’un enfant à temps plein, sous conditions :
- l’enfant doit être âgé de moins de 20 ans ;
- le parent doit être à temps plein pour la garde (pas d’activité professionnelle à temps plein) ;
- l’affiliation se fait via la CAF ou la MSA.
Chaque année d’affiliation donne droit à 4 trimestres de retraite (une année complète), ce qui peut conduire, au fil du temps, à une pension de base non négligeable, même sans n’avoir jamais signé de contrat de travail.
L’Assurance vieillesse des aidants familiaux (AVA)
De la même manière, l’Assurance vieillesse des aidants familiaux (AVA) concerne les personnes qui prennent en charge à domicile un proche handicapé ou en perte d’autonomie. Là encore, des trimestres de retraite peuvent être validés.
Dans ces deux cas, la personne peut donc :
- n’avoir jamais eu de salaire déclaré ;
- mais disposer d’une vraie retraite, parfois supérieure à celle d’un salarié modeste, selon la durée d’affiliation et le nombre d’enfants ou de proches aidés.
Quand ce n’est pas une retraite, mais une allocation de solidarité
Souvent, la phrase « il touche 900 € par mois sans avoir travaillé » cache en réalité l’ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées), anciennement appelée minimum vieillesse.
Qu’est‑ce que l’ASPA ?
L’ASPA est une allocation différentielle, c’est‑à‑dire qu’elle vient compléter les revenus d’une personne âgée pour qu’elle atteigne un niveau minimum de ressources. Ce n’est pas une retraite issue de cotisations, mais une aide sociale versée par l’État.
En 2026, les montants maximaux sont :
- 1 043,59 € par mois pour une personne seule ;
- 1 620,18 € par mois pour un couple.
Conditions pour bénéficier de l’ASPA
Pour toucher l’ASPA, il faut remplir plusieurs conditions strictes :
- avoir 65 ans ou plus (ou 62 ans en cas d’invalidité) ;
- résider en France la plus grande partie de l’année (au moins 9 mois, soit 270 jours) ;
- avoir liquidé toutes les retraites auxquelles on peut prétendre (France, étranger, réversion, etc.) ;
- avoir des ressources inférieures à un plafond annuel fixé chaque année.
Autrement dit, une personne n’ayant jamais travaillé peut parfaitement avoir droit à l’ASPA si elle entre dans ces critères.
L’ASPA fait partie des aides les moins demandées
Le hic ? L’ASPA fait partie des aides sociales les moins demandées. Le taux de non‑recours avoisine les 50 %. Autrement dit, 1 personne sur 2 susceptible d’en bénéficier ne fait jamais de demande. Cela s’explique souvent par un manque d’information sur l’existence même de cette allocation, mais aussi par le fait que l’ASPA est récupérable sur la succession du bénéficiaire. À son décès, l’organisme ayant versé l’ASPA peut ainsi récupérer une partie des sommes perçues, ce qui dissuade certains seniors de déposer une demande.
Résultat : une personne qui a travaillé mais qui ne demande pas l’Allocation de solidarité aux personnes âgées peut avoir des revenus inférieurs à une personne qui n’a jamais travaillé et qui fait les démarches pour percevoir cette aide.