Immigration : les étrangers vont devoir passer un examen de leur niveau de français
La France s’apprête-t-elle à renforcer sa politique d’immigration en introduisant un examen de français pour les étrangers sollicitant un titre de séjour ? C’est en tout cas l’une des annonces d’Othman Nasrou. En effet, dans une interview accordée ce mardi 22 octobre au Parisien, le secrétaire d’État chargé de la Citoyenneté et de la Lutte contre les discriminations annonce désormais vouloir une « obligation de résultat » sur la maîtrise du français.
Les étrangers devront passer un examen de leur niveau de français
Car pour rappel, à l’heure actuelle, les étrangers ayant signé un contrat d’intégration républicaine et ne maîtrisant pas suffisant la langue de Molière doivent suivre entre 200 heures et 600 heures de cours de français.
Le hic ? Il n’y a pas d’« obligation de niveau à la fin », rappelle Othman Nasrou, le secrétaire d’État chargé de la Citoyenneté et de la Lutte contre les discriminations dans Le Parisien. « Nous allons désormais lui demander de passer un examen pour vérifier l’atteinte d’un certain niveau de français », avance-t-il.
Pour un titre de séjour pluriannuel, les étrangers devront avoir au moins le niveau A2, « l’équivalent d’une langue vivante étrangère pour les collégiens français en 4e » et pour une carte de résident, ce sera le niveau B1, « l’équivalent d’une langue vivante étrangère de classe de 3e », explique-t-il.
Une mesure qui figure déjà dans la loi Immigration
Pourtant, cette mesure figure déjà dans la loi Immigration promulguée au Journal officiel en janvier 2024. Le texte prévoit que « ces dispositions soient opposables à la délivrance d’un titre de séjour (…) au 1er janvier 2026 », indique Othman Nasrou. Le secrétaire d’État veut tout simplement accélérer le calendrier afin que la maîtrise du français soit examinée à compter du 1er juillet 2025.
En outre, celui qui a été nommé à ce poste début octobre veut aller plus loin sur 3 autres sujets. D’abord, il souhaite relever le niveau de langue demandé aux étrangers souhaitant rester en France durablement. « Je ne pense pas que l’on puisse réussir son intégration avec un niveau A2 », explique-t-il.
Les étrangers atteignant ce niveau de langue peuvent décrire leur environnement immédiat ou leur formation avec des moyens simples, communiquer lors de tâches habituelles ou simples ou encore comprendre des phrases isolées et des expressions qui sont souvent utilisées. Ils ne parlent donc pas le français couramment et peuvent avoir encore des difficultés à se faire comprendre sur certains éléments.
Le contrat d’intégration républicaine bientôt plus long ?
De plus, il veut que le contrat d’intégration républicaine, conclu entre l’État et chaque étranger non européen voulant s’installer de manière durable en France, dure « 2 à 3 ans », contre « 1 an » actuellement, « pour que l’on prenne plus de temps pour vérifier l’intégration effective d’un étranger », précise-t-il.
Enfin, Othman Nasrou souhaite que l’examen civique et la maîtrise de la langue française soient la même, quelle que soit la demande de séjour. Cela signifie donc que les tests devront être identiques en cas de demande de regroupement familial, de demande d’asile, de carte de résident, de carte de séjour « salarié », ou encore de carte de séjour « retraité ».