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Indemnités réduites, effet limité… L'Unédic évalue la réforme de l'assurance chômage 2019-2021

L’Unédic a publié son évaluation de la réforme de l’assurance chômage 2019-2021 qui a notamment modifié le calcul de l’allocation chômage.
Sommaire

La réforme de l’assurance chômage 2019-2021 mise en place par le gouvernement afin d’encourager l’emploi durable, de réduire les contrats courts et d’améliorer la situation financière du régime a-t-elle été bénéfique ? Pas si sûr, selon une évaluation de l’Unédic parue le 20 mars 2025.

Indemnités réduites, effet limité… L’Unédic évalue la réforme de l’assurance chômage 2019-2021



Quelles étaient les principales mesures de la réforme de l’assurance chômage 2019-2021 ?

Pour rappel, la réforme de l’assurance chômage 2019-2021 comprenez notamment :

  • le durcissement des conditions d’ouverture des droits : la durée minimale de travail requise est passée de 4 à 6 mois sur les 24 derniers mois ;
  • la modification du mode de calcul de l’allocation chômage : le salaire journalier de référence est désormais calculé sur les 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus), contre 12 mois auparavant. De plus, le calcul prend en compte les jours non travaillés en plus des jours travaillés, ce qui n’était pas le cas avant la réforme ;
  • l’introduction de la dégressivité des allocations pour les hauts revenus : une réduction de 30 % de l’allocation à partir du 7e mois pour les demandeurs d’emploi ayant perçu des salaires élevés ;
  • la mise en place d’un système de bonus-malus sur les cotisations patronales : ce dispositif visait à inciter les entreprises de certains secteurs à réduire leur recours aux contrats courts ;
  • l’élargissement de l’accès à l’assurance chômage pour certains démissionnaires et travailleurs indépendants

Cette réforme de l’assurance chômage, dont l’application a été retardée et modifiée en raison de la crise sanitaire de 2020-2021, est entrée en vigueur progressivement, avec la dernière mesure mise en place le 1er décembre 2021.

Quels impacts ?

Première mesure de la réforme de l’assurance chômage : le durcissement des conditions d’ouverture des droits « s’est traduit par un moindre accès à l’indemnisation du chômage », souligne l’Unedic dans son évaluation. Concrètement :

  • 190 000 personnes par an n’atteignent plus les conditions d’éligibilité ;
  • 285 000 personnes y accèdent, mais plus tardivement.

Ce durcissement a particulièrement affecté les travailleurs en contrats courts, les jeunes et les personnes peu diplômées.

La réforme du mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) a quant à elle impacté environ 1,1 million d’allocataires, principalement ceux ayant des parcours professionnels fragmentés. Les conséquences sont :

  • une baisse moyenne de l’allocation journalière de 6 €, soit 16 % par rapport au niveau pré-réforme pour les personnes aux parcours fragmentés ;
  • une accélération du retour à l’emploi, mais principalement vers des contrats courts (moins de 6 mois)
  • des concessions plus fréquentes sur la qualité de l’emploi accepté.

Concernant la dégressivité des allocations pour les hauts revenus, cette mesure a touché 3 % des allocataires. Selon l’organisme, les effets observés sont :

  • une accélération du retour à l’emploi pour les personnes concernées ;
  • une baisse moyenne de 24 jours de la durée sans emploi.

Pour le bonus-malus sur les cotisations patronales, l’Unedic rappelle que cela concerne un peu moins de 30 000 entreprises. « On observe une baisse du nombre de séparations entre 2023 et 2024 », écrit l’organisme avant d’ajouter : « Cette baisse constatée n’est pas forcément imputable au dispositif. En effet, plusieurs mécanismes à l’œuvre sur le marché du travail pourraient l’expliquer : facteurs économiques et conjoncturels, autres changements réglementaires concernant l’assurance chômage, etc. ».

Enfin, concernant l’aide au retour à l’emploi (ARE) pour projet professionnel, aussi connue sous le nom de démission-reconversion, le dispositif a connu une adoption progressive. À la fin de l’année 2023, on dénombrait 25 500 bénéficiaires de cette allocation. La majorité de ces allocataires utilise ce soutien financier pour concrétiser un projet de création d’entreprise. Selon l’Unedic, ces démissionnaires en reconversion présentent généralement un niveau d’éducation plus élevé, occupent plus fréquemment des postes de cadres, et se situent dans une tranche d’âge intermédiaire.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.