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Journée de solidarité 2026 : êtes-vous obligé de travailler le lundi de Pentecôte ?

La journée de solidarité est-elle vraiment obligatoire en 2026 ? Secteur privé, fonction publique, temps partiel, mineurs… On vous explique tout ce que vous devez savoir.
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Vous avez peut-être déjà entendu un collègue s’interroger : « On travaille le lundi de Pentecôte ? » La journée de solidarité soulève chaque année les mêmes questions. Obligatoire ou non ? Rémunérée ou pas ? Valable pour tout le monde ? Créée en réponse à la canicule de 2003 qui avait coûté la vie à près de 15 000 personnes en France, cette journée de travail supplémentaire finance depuis 2004 des actions concrètes en faveur des personnes âgées et handicapées. Voici ce qu’il faut vraiment savoir en 2026.

Journée de solidarité 2026 : êtes-vous obligé de travailler le lundi de Pentecôte ?



Qu’est-ce que la journée de solidarité ?

Instaurée en 2004 dans le contexte de la canicule meurtrière de l’été 2003, la journée de solidarité a été créée pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Son principe est simple : chaque salarié effectue une journée de travail supplémentaire dans l’année, sans contrepartie salariale. En contrepartie, les employeurs versent une contribution spécifique destinée à alimenter la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Mais derrière ce principe simple se cache une réalité plus nuancée, qui dépend largement de votre statut et des règles en vigueur dans votre entreprise ou administration.

Dans le secteur privé : une obligation, mais avec de la souplesse

Pour les salariés du privé, la journée de solidarité est bien obligatoire. Elle prend la forme d’une journée de travail supplémentaire de 7 heures, non rémunérée. En revanche, la façon dont elle est organisée laisse une marge de manœuvre importante.

C’est en priorité la convention collective ou l’accord d’entreprise qui fixe les modalités. À défaut d’accord, c’est l’employeur qui décide, après consultation des représentants du personnel. Concrètement, plusieurs formules sont possibles :

  • travailler un jour férié habituellement chômé, à l’exception du 1er mai (le lundi de Pentecôte est souvent retenu) ;
  • poser une journée de RTT dédiée à cet effet ;
  • ou toute autre organisation permettant de travailler 7 heures préalablement non travaillées, comme un samedi.

Un point important : les heures effectuées ce jour-là ne sont pas comptabilisées comme des heures supplémentaires. Elles ne donnent donc droit ni à majoration de salaire, ni à repos compensateur.

Dans la fonction publique : même logique, quelques spécificités

Les agents publics sont soumis aux mêmes principes. La journée de solidarité se traduit également par une journée de travail supplémentaire non rémunérée de 7 heures. Les modalités sont similaires à celles du secteur privé, avec une nuance notable : il n’est pas possible de supprimer un jour de congé annuel pour remplir cette obligation. La règle exclut explicitement cette option pour les agents publics.




Lundi de Pentecôte : le jour symbole de la solidarité

Le lundi de Pentecôte est historiquement le jour le plus associé à la journée de solidarité. Et pour cause : lors de la création du dispositif en 2004, c’est précisément ce jour férié qui avait été choisi par le législateur pour incarner cette journée de travail non rémunéré. L’idée était de supprimer un jour chômé existant plutôt que de créer une journée de travail ex nihilo.

Dans les faits, beaucoup d’entreprises et d’administrations ont conservé cette tradition. Le lundi de Pentecôte reste donc, en 2026, le jour le plus fréquemment retenu pour accomplir la journée de solidarité, même si ce n’est plus une obligation stricte depuis la réforme de 2008, qui a assoupli les règles en laissant aux partenaires sociaux le choix des modalités.

Concrètement, si votre employeur ou votre convention collective retient le lundi de Pentecôte comme journée de solidarité, vous êtes tenu de travailler ce jour-là, sans rémunération supplémentaire. Ce jour n’est alors plus traité comme un jour férié chômé dans votre entreprise. Si en revanche un autre dispositif a été choisi (une journée de RTT, un samedi, etc.), le lundi de Pentecôte reste un jour de repos ordinaire pour vous.

Les cas particuliers à connaître

Les salariés à temps partiel ne sont pas tenus d’effectuer les 7 heures complètes. La durée est calculée au prorata de leur temps de travail contractuel. Un salarié à mi-temps devra par exemple accomplir 3,5 heures. Si des heures supplémentaires sont effectuées au-delà de ce seuil, elles sont normalement rémunérées.

Les salariés mineurs (moins de 18 ans) bénéficient d’une protection particulière. Dès lors que la journée de solidarité est fixée un jour férié, ils n’ont pas à la réaliser, puisque le travail des mineurs les jours fériés est interdit sauf exceptions très encadrées. Si un accord collectif prévoit un jour non férié, il appartient aux partenaires sociaux de définir les conditions applicables à ces jeunes travailleurs.

Les salariés changeant d’employeur en cours d’année ne peuvent pas être contraints d’effectuer cette journée deux fois dans la même année. Des dispositions légales prévoient explicitement ce cas pour éviter une double contribution involontaire.

Peut-on refuser de travailler ce jour-là ?

En principe, non. La journée de solidarité est une obligation légale, et un refus injustifié peut être considéré comme une faute professionnelle, susceptible de vous exposer à des sanctions disciplinaires. Sur ce point, la loi est claire : le principe de la journée n’est pas négociable.

Toutefois, si vous ne souhaitez pas venir travailler, vous pouvez poser une journée de congés payés qui est décomptée de votre solde de congés, comme n’importe quel autre jour de repos. Attention : votre employeur doit accepter ce jour de repos. S’il ne le fait pas, vous serez tenu de vous rendre au travail.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.