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La DGCCRF relève 42 % d'anomalies sur les étiquetages des huiles d'olive

Une enquête récente de la DGCCRF montre que l’étiquetage de l’huile d’olive que l’on achète est non conforme dans près de 50 % des cas. Un point sur la situation : étiquetage trompeur, mentions fantaisistes, qualité surévaluée. Comment bien choisir son huile d’olive ?
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Les consommateurs demandent plus de transparence sur les produits alimentaires qu’ils achètent et consomment. Pour cela, une information fiable sur les étiquetages est nécessaire. Selon une enquête récente de la DGCCRF, les fabricants et vendeurs d’huiles d’olive sont assez laxistes sur les appellations de leurs produits, voire carrément fraudeurs. Un point sur les anomalies rencontrées par la répression des fraudes.

La DGCCRF relève 42 % d’anomalies sur les étiquetages des huiles d’olive


La répression des fraudes effectue des contrôles tous les ans sur l’huile d’olive

Le commerce d’huile d’olive est strictement règlementé au niveau européen ([CE] n° 29/2012 [CEE] n° 2568/91). La DGCCRF effectue donc des contrôles réguliers chez des distributeurs, sites internet, grossistes, négociants, producteurs, ou sur les marchés et foires avant de transmettre un compte rendu aux instances européennes. Le but de ces contrôles réguliers est de lutter contre les étiquetages non conformes, de vérifier la qualité des produits, et le respect des normes de sécurité sanitaire.

Lors des contrôles, « des essais physico-chimiques puis des analyses sensorielles » sont réalisés. Un laboratoire recherche aussi « les résidus de pesticides et la présence d’arômes sur quelques échantillons ».

Pour l’année 2016, 286 établissements ont été contrôlés et 139 prélèvements ont été analysés. 42 % d’entre eux présentaient des « anomalies », et ce chiffre monte jusqu’à 59 % pour les sites internet.

Étiquetage trompeur, mentions fantaisistes, qualité surévaluée

71 entreprises ont reçu un avertissement. Dans la plupart des cas, pour une mention obligatoire absente ou obscure. Il peut s’agir de l’oubli de mentionner les conditions de conservation, d’une erreur sur la date de durabilité minimale, ou d’indications fantaisistes qui ne sont pas un véritable gage de qualité comme « provenant des meilleurs terroirs européens ».

39 injonctions à modifier l’étiquetage des produits ont été distribuées par la DGCCRF. Certains sites internet ont été épinglés pour la mention de vertues thérapeutiques mensongères de leurs huiles d’olive ou de fausses origines des olives, certaines entreprises pour avoir vendu de l’huile reconditionnée dans des bidons non fermés sans étiquette

Dans les cas les plus graves, la répression des fraudes a dressé des procès-verbaux pour des étiquetages portant des mentions fausses ou abusives sur les qualités nutritionnelles et les atouts santé du produit, l’utilisation de labels BIO ou AOP frauduleuse, l’utilisation mensongère ou trompeuse d’indications comme « 1re pression à froid » ou « récolte entièrement faite à la main ».

Comment bien choisir son huile d’olive ?

Dans la plupart des cas, il faudra s’attarder sur l’étiquetage, en espérant qu’il ne soit pas frauduleux. L’origine de l’huile d’olive doit être mentionnée sur la bouteille, mais ne suffit parfois pas à mesurer sa qualité. On préfèrera un produit avec une origine précise, si possible issue d’un terroir qui porte une mention AOP (Appellation d’Origine Protégée) ou AOC (Appellation Origine Controlée) plutôt qu’un produit dont l’étiquette indique un assemblage d’huiles en « provenance de pays de l’UE et hors UE », trop vague.

Une huile d’olive qui porte la mention « AB » pour Agriculture Biologique montrera que le produit n’a pas subi de traitement chimique, mais ne garantira pas les qualités gustatives de l’huile.

Beaucoup de bouteilles d’huiles d’olive sur le marché sont composées de récoltes de différentes années. Il est donc difficile de se fier à la date de durabilité minimale (DDM) qui indique la durée pendant laquelle l’huile d’olive est censée garder son gout inaltéré, qui est de 18 mois après embouteillage (et non 18 mois après récolte !).

Certaines huiles d’olive haut de gamme mentionnent la date de récolte, mais c’est rare pour des huiles de supermarché. En règle générale, il faut savoir qu’une huile d’olive vieillit assez mal et doit donc être consommée rapidement après récolte. Soyez attentifs aux mentions qui vous donneront une idée de la fraicheur de votre produit.