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La fondation Abbé Pierre alerte l'opinion publique sur les dispositifs anti-SDF

Des campagnes d’affichage et des photos publiées sur internet pour dénoncer les dispositifs anti-SDF mis en place dans certaines grandes villes où l’on préfère ne pas les voir. Que dénonce la campagne #soyonshumains et combien y a-t-il de mal-logés en France ?
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#Soyons humains est la récente campagne lancée par la Fondation Abbé Pierre et Emmaüs Solidarités qui dénonce le recours a des aménagements douteux du mobilier urbain pour empêcher les SDF de s’asseoir ou de s’allonger. En quoi consiste cette campagne et quelques chiffres sur l’état du mal-logement en France.

La fondation Abbé Pierre alerte l’opinion publique sur les dispositifs anti-SDF


Un cri d’alerte lancé dans la rue et sur les réseaux sociaux

Selon la Fondation Abbé Pierre, le nombre de personnes sans-abri a doublé entre 2001 et 2012 et c’est plus de 2 000 personnes qui décèdent dans la rue chaque année.

Les dispositifs anti-SDF permettent de les garder à l’écart des lieux où leur présence dérange. Pour alerter l’opinion sur ces pratiques jugées inhumaines, les associations sont allées coller des affiches dans plusieurs grandes villes de France, sur des lieux où des picots, des plans inclinés ou des systèmes de douche automatique empêchent les SDF de se reposer. Les affiches portent un message fort : « Au lieu d’empêcher les SDF de dormir ici, offrons-leur un logement décent ailleurs ».

Grâce à #soyonshumains, c’est toute la population qui est appelée à se mobiliser et à envoyer des photos de dispositifs anti-SDF. Un petit film a également été réalisé par la Fondation Abbé Pierre à ce sujet et peut-être vu sur YouTube ou sur le site de l’association fondation-abbe-pierre.fr.

Chasser les sans-abris ne résout pas les problèmes de mal-logement

En France, ce sont 3,96 millions de personnes qui sont concernées par le mal-logement, dont environ 143 000 sans domicile. (chiffres de janvier 2017). Le nombre de personnes sans domicile fixe a doublé entre 2001 et 2012 et chaque année, ce sont 2 000 personnes qui meurent dans nos rues.

« Ce n’est pas parce qu’on n’a plus rien qu’on n’a pas le droit de se reposer, de se laver, d’aller aux toilettes », déclare Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre lors d’une action de collage d’affiches sur la devanture d’une agence LCL qui a fait installer des picots pour ne pas que les sans-abris puissent s’installer pour la nuit. Ces sans-abris qui arrivent parfois dans les centres d’urgence dans un état d’épuisement avancé, après avoir passé la nuit à errer et avoir été chassé de partout.

Des dons pour soutenir les associations

Malheureusement, les solutions mises en place par l’État sont encore insuffisantes et ne permettent pas d’offrir des solutions à toutes les personnes dans le besoin. C’est donc souvent le milieu associatif qui prend le relai et qui se révèle être d’une importance capitale dans l’aide aux plus démunis.

En 2016, la Fondation Abbé Pierre a pu soutenir 845 projets d’insertion, construire 600 logements très sociaux et accueillir 550 000 personnes.