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La fonte des calottes glaciaires pourrait entrainer des événements climatiques extrêmes plus fréquents

Véritables régulateurs de température, les courants océaniques sont aujourd’hui menacés par la fonte des calottes glaciaires. Une situation qui peut favoriser le dérèglement climatique.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature vient de mettre en évidence les effets destructeurs de la fonte des glaciers sur le climat. Chaque année, des milliards de tonnes d’eau douce se déversent dans les océans suite au réchauffement de notre atmosphère. Un phénomène dévastateur pour les courants océaniques, principaux régulateurs des températures terrestres. Explications.

La fonte des calottes glaciaires pourrait entrainer des événements climatiques extrêmes plus fréquents


La fonte des calottes glaciaires en quelques chiffres

Entre 2009 et 2017, l’Antarctique a perdu près de 252 milliards de tonnes de masse glaciaire chaque année. Dans cette zone, les glaces fondent 6 fois plus vite qu’il y a une quarantaine d’années. Conséquence, le niveau des océans est plus élevé.

En moins de 40 ans, le niveau des mers a augmenté de 1,4 cm. Mais ce n’est pas la seule répercussion de la fonte des calottes glaciaires. Elle provoque également un dérèglement des courants océaniques ; une modification qui déstabilise l’équilibre climatique.

La fonte des glaces pourrait affecter le climat

L’étude publiée dans la revue Nature ce mercredi 6 février démontre que les eaux issues de la fonte des calottes glaciaires seraient la conséquence directe d’un affaiblissement des courants océaniques. Ces courants ont pourtant un rôle majeur dans la régulation du climat.

Nicholas Golledge, auteur de cette étude réalisée au centre de recherche Antarctique de l’Université Victoria de Wellington, l’explique clairement : « Selon nos modèles, la glace fondue va provoquer des perturbations importantes dans les courants océaniques et changer les niveaux de réchauffement à travers le globe. »

Ces courants, aussi appelés AMOC (Atlantic méridional overturning circulation), ont pour objectif de faire remonter les eaux tropicales vers l’hémisphère nord, et inversement. Ce phénomène, qui fonctionne comme un tapis roulant, permet de maintenir la chaleur dans certaines régions du nord et contribue à la régulation du climat actuel.

Après plusieurs simulations, les chercheurs estiment qu’un affaiblissement des courants océaniques pourrait entrainer des températures plus élevées dans certaines régions du monde par exemple dans l’est du Canada ou en Amérique centrale, et des températures plus basses en Europe de l’Ouest.

La défaillance de ce mécanisme naturel pourrait conduire à des évènements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents : « Les changements à grande échelle que nous voyons dans nos simulations sont propices à un climat plus chaotique, avec des évènements météo extrêmes plus nombreux, des canicules plus fréquentes et plus intenses », explique Natalya Gomez, professeure de l’université de McGill au Canada.

L’augmentation du niveau des mers

Près de deux tiers des réserves d’eau douce du globe terrestre sont contenus dans les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Ces montagnes de glaces peuvent atteindre « 3 kilomètres d’épaisseur ». Si les calottes de l’Antarctique fondaient complètement, le niveau des océans pourrait s’élever de 58 mètres, et de 7 mètres si celles du Groenland disparaissaient.

Une étude publiée en 2016 laissait supposer que d’ici 2100, la fonte des glaces provoquerait une hausse d’un mètre du niveau des océans, accompagnée d’un phénomène migratoire de certaines populations. Une étude largement contestée par deux nouvelles recherches menées principalement par Tamsin Edwards, climatologue et conférencier au King’s College de Londres. Celles-ci démontrent que le niveau des océans n’augmenterait non pas d’un mètre, mais de 15 à 40 centimètres (maximum) d’ici la fin du siècle.