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La mention "photographie retouchée" devient obligatoire sur les publicités à partir du 1er octobre 2017

Mannequins et modèles : si la photo a été retouchée, le publicitaire doit le mentionner. Comment dissocier une photographie arrangée d’une image réelle ? Quelles sont les obligations des publicitaires ?
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Les publicités, mettant en avant des femmes excessivement maigres, devront respecter de nouvelles règles à partir du 1er octobre 2017. En effet, le projet de modernisation de notre système de santé va encadrer davantage le monde du mannequinat. Quels sont les changements qui vont s'opérer sur les publicités ? Quelles sont les nouvelles mesures mises en oeuvre pour protéger la profession de mannequin ? Qui est concerné ? C'est l'objet de cette démarche.

La mention 'photographie retouchée' devient obligatoire sur les publicités à partir du 1er octobre 2017


Qu’est-ce qui va changer dans le paysage publicitaire au 1er octobre 2017 ?

Le gouvernement a décidé d'agir contre le culte de l’amaigrissement extrême. Pour cela, il vient de légiférer sur la diffusion des images retouchées. À compter du 1er octobre, nous verrons apparaître la mention “photo retouchée” sur les supports dont la silhouette aura subi une correction, un ajustement par un logiciel de traitement. Cette mesure vise aussi bien les sujets amincis qu’augmentés. L’annotation devra être différenciée du message publicitaire pour être rendue immédiatement visible.

Quels sont les médias soumis à la mention "photo retouchée"

Tous les supports de communication à usage commercial sont visés par cette mesure. Cela concerne les images diffusées sur internet, dans la presse écrite (catalogues, prospectus, magazines), les affiches promotionnelles, les panneaux de publicité, y compris ceux de certaines boissons et produits alimentaires.

Quels sont les effets espérés sur la population ?

L'exigence forcée de l’extrême maigreur est un fléau sociétal. Cela favorise gravement l’anorexie chez les jeunes. En quête d’identification, ces derniers tentent d’accéder à des idéaux de beauté trompeurs et inaccessibles. C’est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, selon l’organisme mondial pour la santé (OMS). Celui-ci dénombre 600 000 jeunes souffrant de troubles du comportement alimentaire et 40 000 anorexiques.

Par ailleurs, la banalisation du stéréotype féminin de perfection, de type européen aux yeux de couleurs, filiforme avec un décolleté généreux, favorise la dévalorisation et le rabaissement des femmes n’y correspondant pas. Ainsi, nous assistons à de nombreuses dérives telles que la dépression ou la chirurgie esthétique excessive. Avec la révélation obligatoire des “retouches” d'une photo, l’État espère diminuer ce phénomène destructeur.

Quelles sont les mesures prises pour protéger les mannequins

Le ministère de la Santé a décidé de veiller à l’état physique et moral des modèles. Depuis le 6 mai 2017, chaque mannequin défilant sur un podium français, passe une visite médicale auprès de la médecine du travail. Pour conserver le droit d’exercer, on doit lui délivrer un certificat d’aptitude (valable deux ans).

Les mannequins, dont l’indice de masse corporelle est inférieur à 18,5 (pour un adulte) ou en état de dénutrition, sont considérés comme inaptes. Pour les candidats de moins de 16 ans, l’indice ne devra pas être inférieur au 3ème percentile du rapport poids, âge et sexe en vigueur. Cette mesure aura sans doute pour effet de modifier les critères de sélection des castings. Et par extension, celui du paysage des Fashion Week, depuis toujours génératrices de codes.

Qu’est-ce que l’indice de masse corporelle (IMC) ?

Il s’agit du rapport entre le poids et la taille d’une personne. Cet indice est révélateur de la morphologie d’une personne, mais aussi de son état de santé.

En voici les principales catégories :

  • inférieur à 16 = anorexie ou dénutrition
  • entre 16,5 et 18,5 = maigreur
  • entre 18,5 et 25 = normale
  • entre 25 et 30 = surpoids
  • entre 30 et 35 = obésité modérée
  • entre 35 et 40 = obésité élevée
  • supérieur à 40 = obésité morbide

Notez que l’on utilise une méthode de calcul différente pour les enfants et les adolescents.

Qui est concerné par ces obligations de prévention sanitaires ?

Quelles sont les catégories professionnelles visées ?

Ces obligations touchent les annonceurs et les agences de mannequins, mais aussi les modèles indépendants offrant des prestations de services.

Quels sont les pays approuvant la "loi mannequin" ?

Si dorénavant, la France impose à ses modèles (français ou ressortissants de l’UE et de l’EEE) des actions contre la maigreur, ce phénomène existait déjà dans certains pays. C’est le cas de l’Italie, du Chili, de la Belgique et d’Israël qui, a adopté depuis 2012 la loi "photoshop". Celle-ci interdit la diffusion d'une publicité effectuée avec un modèle trop maigre, d’engager un mannequin avec un IMC en dessous de 18,5, et, d'amincir une personne sans le préciser.


Que risquent les professionnels ne respectant pas ces obligations ?

En l'absence de la mention "photo retouchée", les annonceurs risquent une amende de 37 500 €, pouvant être augmentée jusqu’à 30 % de leurs dépenses publicitaires. En ce qui concerne les agences et les professionnels indépendants, exerçant sans certificat médical, ils risquent jusqu’à 6 mois de prison et 75 000 € d’amende.