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La consigne des bouteilles en plastique et canettes à l'étude

En France, la quantité de plastique recyclée est négligeable et le tri sélectif est loin d’être suffisamment efficace pour traiter les montagnes de déchets que nous produisons. Afin d’améliorer la collecte et le recyclage des emballages et des bouteilles vides, un comité de pilotage vient d’être mis en place à Strasbourg par la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson. Le point dans cet article.
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La secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson a promis un « big bang » de la consigne en France. Elle entend par là travailler à la mise en place de systèmes de consigne efficaces pour la collecte et le recyclage des emballages et bouteilles vides. Un comité de pilotage a été mis en place à Strasbourg dont la première réunion a eu lieu ce mercredi 19 juin. Le point sur la situation.

La consigne des bouteilles en plastique et canettes à l’étude


Objectif : améliorer la collecte et le recyclage des emballages et des bouteilles vides

« Si nous voulons (...) que certaines ordures ménagères (...) ne se retrouvent plus dans la nature (...) nous devons (donner aux) Français les moyens de (les) déposer au bon endroit », a déclaré la secrétaire d’État. « Nous sommes à des taux de performance (dans le tri) qui ne sont pas satisfaisants », a-t-elle rappelé.

Afin de trouver de nouvelles solutions pour la collecte et le traitement des déchets, Brune Poirson a mis en place un comité de pilotage à Strasbourg constitué d’élus, d’industriels, d’associations et de citoyens. Leur rôle est de réfléchir à de « nouveaux équilibres » du système de gestion de déchets en France, a précisé le ministère de la Transition écologique.

Un système de consigne pourrait être mis en place

Sur notre territoire, seulement 58 % des bouteilles et flacons en plastique et 45 % des canettes en acier sont actuellement recyclés, un chiffre qui reste trop faible au vu de l’objectif fixé par l’Union européenne (90 % des bouteilles collectées et recyclées d’ici 2029).

Une des principales pistes envisagées est de mettre en place un système de consigne, en s’appuyant notamment sur les dispositifs qui ont déjà prouvé leur efficacité dans d’autres pays. Avant de se rendre à Strasbourg, la secrétaire d’État a visité un supermarché à Kehl, où les clients insèrent leurs bouteilles vides dans une machine qui leur délivre en échange un bon d’achat utilisable en caisse. Chez nos voisins allemands, ce « système de consigne sur les bouteilles en plastique fonctionne bien », avec un « taux de collecte et de recyclage de 87 %, bien plus satisfaisant qu’en France », a souligné Mme Poirson.

La mission du comité de pilotage

« On ne sait pas encore » ce que l’on va pouvoir consigner, « c’est un long travail qui doit faire l’objet d’un consensus », a expliqué Brune Poirson, mais « le projet de loi va être débattu au Parlement en septembre et il faut que d’ici (là), nous ayons des pistes très concrètes » afin de « développer un système de consigne “à la française” ».

Le travail du comité va notamment être de déterminer les produits qui pourront être concernés par ce système de consigne, le traitement qui leur sera réservé (réutilisation ou recyclage) et la manière dont seront gérés les revenus générés.

Le comité sera aussi vigilant à ce que les collectivités locales qui tirent actuellement profit du traitement des déchets ne soient pas lésées en cas de mise en place d’un nouveau système. Ce travail sera mené en parallèle de la présentation et de l’examen du projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire en espérant pouvoir lancer une expérimentation dès que « la loi sera adoptée ».