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Lancement du programme « Savoir rouler à vélo » pour les 6-11 ans

L’État lance un dispositif facultatif pour former les jeunes cyclistes de 6-11 ans à la maîtrise du vélo afin de leur permettre d’acquérir une réelle autonomie à vélo pour l’entrée au collège. Éclaircissements.
Sommaire

Mercredi 17 avril 2019, le gouvernement a lancé son programme « Savoir rouler à vélo » destiné aux 870 000 enfants âgés de 6 à 11 ans. Ce dispositif offre la possibilité aux élèves de primaire de suivre une formation encadrée d’une dizaine d’heures pour apprendre à faire du vélo et circuler en toute autonomie sur la voie publique avant leur passage au collège. Même si cet apprentissage est facultatif, l’État recommande fortement d’y participer, notamment pour lutter contre la hausse de la mortalité à vélo sur la route (+ 22 % entre 2010 et 2016 selon la Sécurité routière). Faisons un point sur cette initiative gouvernementale.

Lancement du programme « Savoir rouler à vélo » pour les 6-11 ans


Mesures prises pour lutter contre la forte augmentation de la mortalité à vélo

La pratique du vélo est bénéfique pour la santé et permet de se déplacer de manière écologique et économique. De plus en plus de personnes s’adonnent aux plaisirs de cette activité physique agréable. Malheureusement, le développement de ce sport s’accompagne d’une hausse de l’accidentalité pour les adeptes du cyclisme. En effet, depuis 2010, le nombre de cyclistes tués sur les routes ne cesse d’augmenter : + 1,6 % par an (en moyenne) et + 8,7 % rien qu’en 2016.

Face à cette forte augmentation de la mortalité à vélo, la sensibilisation des cyclistes à la sécurité routière est devenue une priorité pour le CISR (Comité interministériel à la sécurité routière). C’est la raison pour laquelle cette assemblée, présidée par le Premier ministre, Édouard Philippe, a adopté le 9 janvier 2018 une mesure ayant pour objectif « d’accompagner le développement de la pratique du vélo en toute sécurité ».

Cette mesure gouvernementale vise à sensibiliser davantage les personnes qui souhaitent acheter ou louer un vélo à bien utiliser ce mode de transport en toute sécurité, améliorer les connaissances sur les avantages de nouveaux équipements (bandeaux de protection avec airbags, casque vélo pliable, etc.) et enfin assurer la poursuite des études épidémiologiques et scientifiques sur les équipements qui permettent de réduire les traumatismes et leur gravité chez les cyclistes.

Le CISR tient également à former les jeunes enfants grâce au programme « Savoir rouler à vélo ». Même si plusieurs initiatives existent déjà, à l’image du « Permis cycliste enfant », le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe a déclaré à l’AFP qu’il s’agit « d’être dans quelque chose de plus systématique ».

En quoi consiste le programme « Savoir rouler à vélo » ?

Le programme « Savoir rouler en vélo » est régi par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, en collaboration avec le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Cette initiative interministérielle permet aux enfants âgés de 6 à 11 ans de bénéficier des apprentissages nécessaires pour se déplacer en vélo de façon autonome. Ainsi, ils peuvent apprendre à faire du vélo correctement (pédaler, tourner, freiner), apprendre les rudiments du Code de la route (par exemple, ce qu’est un angle mort) et connaître l’importance du respect des règles de sécurité sur la voie publique (port obligatoire du casque, ne pas avoir d’écouteurs sur les oreilles, etc.).

Le programme se déroule sur une dizaine d’heures étalées entre le CP et le CM2. Pour obtenir leur attestation, les enfants doivent réussir les 3 étapes de la formation.

  • « Savoir pédaler », la première étape, consiste à « maîtriser les fondamentaux du vélo », à savoir acquérir un bon équilibre et apprendre à piloter son vélo.
  • « Savoir circuler », la deuxième étape, se focalise sur la découverte de la « mobilité à vélo en milieu sécurisé ». Ce qui implique de rouler en groupe dans un espace sans voiture (cours de récréation par exemple), d’informer les autres cyclistes d’un changement de direction et de connaître les panneaux de signalisation.
  • « Savoir rouler à vélo », la troisième étape, consiste à circuler en situation réelle. L’objectif est d’apprendre à se déplacer de façon autonome sur la voie publique et s’approprier les différents espaces de pratiques.

L’objectif principal est d’ajouter le « Savoir rouler à vélo » aux autres savoirs fondamentaux que les enfants doivent maîtriser lorsqu’ils rentrent en 6e, comme « Savoir lire », « Savoir écrire » ou encore « Savoir nager ».

Qui dispense le programme « Savoir rouler à vélo » ?

De nombreux partenaires du programme « Savoir rouler à vélo » dispensent cette formation sur l’ensemble du territoire national dans le cadre du temps scolaire, périscolaire ou extrascolaire.

Il y a les associations sportives comme la FFC (Fédération française de cyclisme), la FFVELO (Fédération française du cyclotourisme), la FFTRI (Fédération française de triathlon), ou encore l’UFOLEP (Union française des œuvres laïques d’éducation physique).

Il y a également des associations sportives scolaires telles que l’USEP (Union sportive de l’enseignement du premier degré) ou l’UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire).

Des associations de prévention comme l’association Prévention routière ou la Prévention Maïf dispensent également cette formation. De même que d’autres associations telles que la FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette), le réseau MCF (Moniteurs cyclistes français) et MVV (Mon vélo est une vie).

Les écoles, les centres de loisirs, les mairies, les professionnels du cycle ainsi que les coordinations sécurité routière en préfecture peuvent également organiser le « Savoir rouler à vélo ».



Prix de la formation

Le ministère des Sports a tenu à préciser que les familles ne devraient pas débourser plus de 50 €. Toutes les associations qui dispensent la formation « Savoir rouler à vélo » se sont engagées « à le faire de manière à ce que ce soit le plus indolore possible ». Cependant, elles ne sont pas toutes en mesure de proposer ce programme gratuitement.