Le dépistage et la vaccination pour éviter le cancer du col de l'utérus
Chaque année, plus d’un demi-million de cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués dans le monde. Cette maladie est la cause d’environ 300 000 décès par an et elle est dans la plupart des cas la conséquence d’une infection par des virus de type HPV transmis lors de rapports sexuels. Même si une différence importante existe entre les pays quant à l’accès au dépistage et aux vaccins, les projections réalisées dans cette étude laissent espérer que la maladie pourrait être quasiment éradiquée d’ici la fin du siècle. Le point dans cet article.
Une maladie qui peut être évitée
Le cancer du col de l’utérus est en grande partie évitable, car il existe aujourd’hui des vaccins contre les HPV (papillomavirus humain). Cependant, 90 % des cas sont recensés dans des pays à faibles ou moyens revenus qui n’ont pas facilement accès aux campagnes de dépistage et de vaccination organisés contre les HPV.
Dans les pays économiquement développés, au cours des 30 dernières années, le nombre de cancers de ce type a diminué de plus de la moitié. Le taux de mortalité lié à la maladie a lui aussi baissé grâce à la mise en place de campagnes de dépistage et de prévention officielles.
L’importance de généraliser vaccination et prévention
En mettant en œuvre les moyens nécessaires d’ici à 2020, dépistage et vaccination pourraient engendrer une diminution significative du nombre moyen de cancers du col de l’utérus. Les projections de l’étude indiquent que parvenir à 4 cas pour 100 000 femmes dans les pays très développés comme la France ou les États-Unis serait de l’ordre du possible d’ici 2059.
« C’est le seuil potentiel au-dessous duquel on pourrait considérer que le cancer du col de l’utérus est éliminé en tant que problème de santé publique », expliquent les chercheurs. Ils estiment que 13,5 millions de cancers pourraient ainsi être évités dans les 50 ans à venir.
« Malgré l’ampleur du problème, nos travaux semblent montrer qu’une éradication globale de la maladie est possible avec les outils dont on dispose, sous réserve que la couverture vaccinale et le dépistage augmentent », observe Karen Canfell, la scientifique australienne à qui l’on doit en grande partie ces projections.
L’hypothèse sur laquelle se base l’étude est qu’à partir de 2020 plus de 80 % des jeunes filles de 12 à 15 ans soient vaccinées contre les HPV 16 et 18 (qui sont les virus mis en cause dans 70 % des cancers et des lésions précancéreuses du col de l’utérus) et que 70 % des femmes se fassent dépister deux fois au cours de leur vie.
Une diminution des cas moins rapide pour les pays moins développés
Pour des pays à haut niveau de développement comme la Chine ou le Brésil, ce seuil pourrait être atteint 10 ans plus tard autour de 2069.
Pour les pays moyennement développés comme l’Inde ou le Vietnam, ce serait d’ici 2079 et aux alentours de 2100 pour les pays à faible niveau de développement comme Haïti ou l’Éthiopie.
Malheureusement, en raison de leur trop faible niveau de développement et d’accès aux soins, la quasi-éradication du cancer du col de l’utérus dans des pays comme le Kenya ou l’Ouganda avant la fin du siècle parait compromise.