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Le HCSP alerte sur la contamination par cytomégalovirus pendant la grossesse

Tous les ans, environ 3 500 cas de transmission du CMV (cytomégalovirus) entre mère et enfant sont diagnostiqués. Cette contamination peut, dans les cas les plus graves, provoquer de graves séquelles pour le bébé (déficience intellectuelle, troubles moteurs, surdité, cécité, etc.). Comment éviter la contamination ?

Le HCSP (Haut conseil de la santé publique) alerte la population sur les dangers de contracter le virus CMV (Cytomégalovirus) lors d’une grossesse. L’infection à CMV touche 1 % des nouveau-nés et il s’agit de la principale cause de déficience mentale, de malformations congénitales et de surdité chez l’enfant. Qu’est-ce que ce virus et comment s’en protéger au mieux ? Le point dans cet article.

 Le HCSP alerte sur la contamination par cytomégalovirus pendant la grossesse


Qu’est-ce que le CMV ?

Le CMV appartient à la famille des herpès virus qui restent latents dans l’organisme et peuvent être réactivés plusieurs fois au cours de la vie d’une personne.

La contamination se fait au travers des sécrétions corporelles (salive, larmes, urine, lait maternel, sécrétions génitales). Les femmes travaillant avec de jeunes enfants ou ayant des enfants en bas âge y sont donc particulièrement exposées. En France, environ 50 % de la population est porteuse de ce virus que l’on peut contracter à tout âge, mais les enfants en bas âge sont les plus touchés.

Il est possible que l’infection chez un individu en bonne santé soit relativement asymptomatique ou qu’elle se manifeste seulement à travers un épisode de fièvre ou de fatigue. Chez les individus séropositifs, l’infection peut être grave et toucher la rétine, le système digestif, ou neurologique.

Chez la femme enceinte, c’est surtout la contamination du fœtus qui présente des risques importants pour la santé de celui-ci. En effet, le CMV peut être la cause d’une déficience mentale, d’une surdité ou de problèmes moteurs chez l’enfant.

Recommandations du HCSP pour éviter la contamination

Le HCSP « demande de multiplier et de diversifier les modalités d’information des femmes ». Il préconise également de sensibiliser l’ensemble de la population aux dangers du CMV pour la femme enceinte.

Pour éviter la propagation de l’infection, il est important d’observer des règles d’hygiène strictes comme réserver certains objets à l’usage exclusif du bébé pour les repas et la toilette, ne pas embrasser les enfants sur la bouche ou encore éviter le contact de la bouche de l’adulte avec les larmes de l’enfant. Il est également recommandé de bien se laver les mains après avoir changé leurs couches et de ne pas prendre de bain avec eux afin de limiter les risques de contamination par l’urine.

« On a montré que les primo-infections étaient diminuées de moitié quand on mettait en place ces mesures d’hygiène », a expliqué Agathe Billette de Villemeur, la médecin de santé publique qui a piloté le groupe de travail du HCSP.

Paradoxalement, le haut conseil ne souhaite pas un dépistage systématique des femmes enceintes et des nouveau-nés, car il n’existe ni vaccin ni traitement contre ce virus.