Passées À venir

Les Amis de la Terre dénoncent Amazon à la DGCCRF pour gaspillage et « pratiques commerciales trompeuses »

Dans un contexte environnemental où il est nécessaire de stopper le gâchis des ressources naturelles et d’adopter un mode de consommation plus durable, les Amis de la Terre alertent la DGCCRF des pratiques d’Amazon, notamment de son non-respect du Code de l’environnement qui impose la reprise et le recyclage des déchets électriques et électroménagers. Qu’en est-il ?
Sommaire

Suite à la diffusion d’un documentaire allemand qui signalait la destruction massive par Amazon de produits quasi neufs ou comportant de légers défauts, des produits retournés par des clients insatisfaits, les Amis de la Terre interpellent la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sur ce gaspillage et sur d’autres pratiques commerciales du géant du net qu’ils estiment « trompeuses ». Un point sur ce qu’ils dénoncent.

Les Amis de la Terre dénoncent Amazon à la DGCCRF pour gaspillage et « pratiques commerciales trompeuses »


Une information opaque sur la provenance du produit

Lorsque l’on passe une commande sur Amazon, il est parfois difficile de savoir d’où vient réellement le produit et s’il est vendu directement par Amazon ou si l’entreprise sert juste d’intermédiaire.

Pour Alma Dufour, la chargée de campagne des Amis de la Terre, sur Amazon, les vendeurs tiers « ne sont pas distingués » clairement sur le site.

L’association dénonce le fait qu’Amazon se dégage de ses responsabilités envers les consommateurs grâce à ce « rôle d’intermédiaire » et s’indigne que les acheteurs soient parfois « confrontés à des vendeurs injoignables ou des sociétés-écrans, voyant leur droit à la garantie légale bafoué ».

« En cas de défectuosité d’un produit acheté en vente directe, Amazon.fr renvoie le consommateur vers le fabricant, alors que la loi lui impose de prendre en charge la garantie directement », indique l’association.

La destruction de produits quasi neufs, une pratique apparemment courante chez Amazon

Il y a quelques mois, un documentaire allemand diffusé dans le programme Frontal 21 sur la chaine publique allemande ZDF montrait la destruction massive de biens électriques, électroniques et électroménagers au sein de l’entreprise Amazon en Allemagne. Des réfrigérateurs, des machines à laver, des lave-vaisselles, des téléphones mobiles et des tablettes, souvent en parfait état de fonctionnement, détruits en raison du cout moins élevé pour l’entreprise de procéder à leur destruction que de chercher à les réutiliser ou à les recycler.

Selon les journalistes allemands, Amazon n’a pas nié détruire des marchandises, mais a tenu à souligner ses efforts pour tendre « à détruire aussi peu de produits que possible ». « Quand les produits ne peuvent pas être vendus, revendus ou donnés, nous nous tournons vers des clients qui achètent “en gros” qui peuvent utiliser ces produits », a expliqué un porte-parole de la plateforme commerciale.

Une pratique contraire au Code de l’environnement

« Amazon est désormais le premier distributeur en Allemagne et le second distributeur de produits électroniques en France. Le non-respect de la législation lui permet de casser les prix du neuf, une équation économique très défavorable à la réparation », apprend-on sur le site des Amis de la Terre.

Le Code de l’Environnement, article R543-180 et suivants, impose déjà aux entreprises la reprise des déchets électriques et électroniques, c’est pourquoi l’association écologiste demande à l’État « de faire cesser les infractions constatées et d’imposer la réparation et la non-destruction des biens par la vente en ligne, au niveau européen ».

L’application du code de l’Environnement est d’ailleurs en adéquation avec les mesures annoncées en juillet 2018 par la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson incluant notamment la création d’un « indice de réparabilité » pour les produits et sa promesse d’encourager l’économie circulaire, les réparations, le réemploi et le recyclage.

L’association a par ailleurs précisé que le procureur de la République serait saisi si la DGCCRF n’agit pas.