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Les associations de malades de Parkinson s'inquiètent face à la rupture de stock de Sinemet

L’entreprise américaine MSD qui fabrique le Sinemet — un médicament contre Parkinson utilisé par près de 45 000 personnes en France — a cessé cet été de produire le traitement et ne reprendra la production qu’à partir de mars 2019. Certains malades s’inquiètent de ne bientôt plus pouvoir trouver leur traitement en pharmacie. Qu’en est-il ?
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L’association France Parkinson a lancé une pétition pour alerter le gouvernement sur la pénurie d’un médicament très utilisé pour lutter contre les symptômes de la maladie de Parkinson, le Sinemet. En effet, le laboratoire américain qui fabrique le traitement a cessé sa production au cours de l’été pour une mise aux normes de l’usine, et ne devrait recommencer à produire qu’en mars 2019. Un point sur la situation.

Les associations de malades de Parkinson s’inquiètent face à la rupture de stock de Sinemet


Une pénurie sans précédent

« Nous alertons les pouvoirs publics sur le risque aigu que font porter ces ruptures sur la santé de personnes déjà durement touchées par la maladie. Nous demandons que cessent ces situations inacceptables », lance l’association France Parkinson dans sa pétition.

Les patients vont devoir faire face à « la plus longue rupture qu’on ait pu avoir pour le Parkinson », a déclaré l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) concernant les ruptures de stock du Sinemet.

Le 19 septembre dernier, des médicaments pouvant se substituer au Sinemet ont bien été recommandés, mais ils nécessitent des ajustements de doses qui ont souvent pour conséquence des déséquilibres chez les patients qui prennent régulièrement du Sinemet.

Changer de traitement ou prendre un générique n’est pas si simple pour les patients

Une des possibilités est de « se tourner vers des génériques et d’autres médicaments à base du même principe actif, le lévodopa », comme le suggère l’ANSM. L’agence insiste toutefois sur le fait que les patients doivent le faire sous « suivi médical » « même si les équivalences de dose en lévodopa sont strictement respectées », car des effets secondaires liés au changement de médicament et/ou de dosage sont souvent constatés chez les malades.

De plus, une des membres de l’association France Parkinson déplore le fait que « les délais pour obtenir un rendez-vous auprès d’un neurologue et adapter son traitement » soient particulièrement longs. « C’est très dur », dit-elle. « En général, aux alentours de 6 mois, parfois un an si vous voulez aller dans un hôpital référent. Moi-même qui ait un neurologue attitré, je n’arrive pas à avoir de rendez-vous avant quatre mois, au mieux. »

Des pistes pour mieux gérer les pénuries de médicaments en France

Il arrive assez fréquemment que certains médicaments ou vaccins soient en rupture de stock en France, car très peu sont fabriqués sur le territoire national. Un rapport du Sénat rendu le 2 octobre 2018 listait 530 médicaments ayant subi une pénurie l’année dernière, c’est 10 fois plus qu’il y a 10 ans.

Pour pallier ce problème, le rapport contient entre autres, la proposition de « créer un programme public de production et de distribution de médicaments essentiels et de grouper les achats de vaccins au niveau européen ».

Une autre proposition vise à aider financièrement les groupes pharmaceutiques qui s’engageraient à fabriquer en France « certaines substances actives jugées essentielles » avec en contrepartie, des « sanctions en cas de manquements dans la mise en œuvre de leurs plans de gestion des pénuries ».