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Les livreurs Deliveroo appellent au boycott de la plateforme samedi 10 août

Les livreurs de Deliveroo se mobilisent pour dénoncer la nouvelle grille tarifaire que l’entreprise leur impose et demandent aux clients et restaurants de boycotter la plateforme.
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La plateforme Deliveroo veut imposer à ses livreurs une nouvelle grille tarifaire qui a pour conséquence une baisse de leur rémunération. Les chauffeurs ont donc décidé de se mobiliser et demandent aux clients et aux restaurateurs de les soutenir en boycottant la plateforme de livraison de repas à domicile. Le point sur la situation.

Les livreurs Deliveroo appellent au boycott de la plateforme samedi 10 août


Suppression du tarif minimal pour une course

Ce n’est pas la première fois que les livreurs de Deliveroo dénoncent leurs conditions de travail et leur rémunération qui tire toujours plus vers le bas. Cette fois, l’entreprise britannique a décidé de baisser le prix des courses courtes, et d’augmenter celui des courses longues qui sont délaissées par les livreurs à vélo, car peu rentables. En plus de cela, le tarif minimal des courses — qui était établi ville par ville — disparait lui aussi.

Avec la mise en place de la nouvelle grille tarifaire, certains déplorent une baisse de revenu. « Avant je faisais environ 100 euros par jour pour huit heures de travail, maintenant c’est 80 euros », explique un livreur venu au rassemblement Place de la République. Un de ses collègues déclare perdre « environ 85 euros par semaine » avec le nouveau système tarifaire.

Des livreurs s’interrogent également sur la « prime intempéries » qui est censée leur être allouée lorsqu’il pleut et qu’ils sont obligés de rouler moins vite : ils ne l’auraient pas touchée depuis le début de l’été malgré les fortes précipitations qui ont eu lieu avant la canicule.

« Deliveroo était la plateforme qui payait à peu près le mieux, mais elle s’aligne maintenant sur ses concurrents », dénonce Jean-Daniel Zamor, président du Collectif des livreurs autonomes parisiens (CLAP 75). « Cela précarise tout le secteur ».

Des mouvements de grève prévus ce week-end

Sur la page Facebook de CLAP 75, un appel au boycott national de la plateforme Deliveroo a été lancé. Les livreurs souhaitent informer les clients et les restaurateurs de leurs conditions de rémunération, régulièrement revues à la baisse, qui les poussent à rouler toujours plus vite et à prendre toujours plus de risques sur la route.

Interrogé par France Info sur l’efficacité de la mobilisation, Jérôme Pimot, ancien livreur de Deliveroo et membre fondateur du CLAP 75, déclarait à propos du premier rassemblement qui a eu lieu mercredi 7 août : cette fois « tout a été fait en même temps partout en France : des villes comme Toulouse et Nice, Bordeaux et Nantes se sont mobilisées. »

Les livreurs refusent les commandes et vont à la rencontre des restaurateurs pour leur demander d’éteindre la tablette qui leur permet de recevoir les commandes de la plateforme. « On invite les clients à se mobiliser avec un appel au boycott (…) jusqu’à la tenue de pourparlers officiels. Ils peuvent se mobiliser en commandant chez Just Eat, Uber Eats ».

Une autre grève des livreurs est prévue ce samedi 10 août à Paris et à Bordeaux. À Grenoble ce sera dimanche 11 août. D’autres grandes villes comme Marseille ou Nantes devraient se joindre au mouvement ce week-end.