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Les plateformes de travailleurs indépendants s'associent et s'engagent pour de bonnes pratiques

L’API (Association des plateformes des indépendants) vient d’être créée et plusieurs entreprises comme Uber Eat, Deliveroo ou Frichti ont choisi d’y adhérer. En outre, une « charte de bonnes pratiques » a également été adoptée. Le point sur la situation.
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L’apparition des plateformes employant des travailleurs indépendants il y a une dizaine d’années a eu un impact certain sur le monde du travail et a fait émerger le besoin de renforcer le dialogue avec les autorités politiques et les partenaires sociaux. Plusieurs plateformes se sont donc regroupées et ont créé l’API, pour harmoniser leurs pratiques et défendre des intérêts communs.

Les plateformes de travailleurs indépendants s’associent et s’engagent pour de bonnes pratiques


Le système plateformes - travailleurs indépendants essuie de nombreuses critiques

Les plateformes de travailleurs indépendants rencontrent de plus en plus de succès malgré les nombreuses critiques qu’elles essuient régulièrement. Accusées de concurrence déloyale, de casser les prix et de précariser le marché de l’emploi, les plateformes de travailleurs indépendants comme Uber Eat, Deliveroo, ou Frichti ont le vent en poupe et n’ont pas de problème pour trouver de la main-d’œuvre.

Plutôt que de nier cette réalité, l’ancien secrétaire d’État aux PME — à qui l’on doit également la création du statut d’autoentrepreneur — Hervé Novelli a déclaré : « L’économie évolue, et je préfère accompagner cette évolution en la rendant acceptable pour tous plutôt que de refuser l’inéluctable. » M. Novelli a été nommé à la présidence de l’API.

S’allier pour mieux peser dans les débats

La création de l’API répond tout d’abord à la logique qu’en s’alliant et en adoptant des pratiques communes, les plateformes auront plus de poids dans les débats avec les institutions politiques, les travailleurs indépendants ou leurs représentants.

« La création de l’API répond à la volonté des plateformes de faire entendre leur voix, de peser dans le débat et de répondre à la demande des pouvoirs publics de nouer un dialogue social avec les travailleurs indépendants utilisateurs des plateformes. Une trentaine de plateformes constituent les premiers adhérents de l’API et interviennent dans des secteurs aussi divers que le transport, le bricolage, les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, etc. », a précisé M. Novelli.

Une « charte de bonnes pratiques » adoptée

Les plateformes adhérentes de l’API ont adopté une « charte de bonnes pratiques » en marge de la loi LOM (Loi d’orientation des mobilités). « C’est une charte de valeurs éthiques autour de laquelle les plateformes se regroupent », a expliqué à l’AFP Jean-Baptiste Achard, cofondateur de la plateforme StaffMe.

Cette charte a pour but d’améliorer les « protections sociales » des travailleurs indépendants tout en « préservant les spécificités ». Pas question donc, de les salarier.

Elle prévoit également l’instauration de « dispositifs permettant un dialogue social ».

Le financement de formations et des salaires attractifs sont également évoqués ainsi que le fait de « favoriser le prélèvement des cotisations sociales et fiscales ».

Les collectifs de livreurs restent dubitatifs concernant le bien fondé de la démarche des plateformes à leur égard. « On n’y croit pas du tout », a déclaré Jean-Daniel Zamor, le président du collectif parisien Clap. Il dénonce un « écran de fumée » qui n’aura pas d’impact sur les conditions de travail.