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Les prix pratiqués par la grande distribution ne permettent toujours pas d'améliorer la rémunération des producteurs

L’amendement sur le rehaussement du seuil de vente à perte, qui fait partie de la loi Agriculture et Alimentation, est entré en vigueur le 1er février dernier. L’industrie agroalimentaire et les coopératives agricoles déplorent que cette mesure ne profite pas aux agriculteurs. Un point sur la situation.
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Mercredi 6 février, lors d’une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat, l’industrie agroalimentaire et les coopératives agricoles ont vivement critiqué la grande distribution qu’elles accusent de continuer à imposer des baisses de prix sur les denrées alimentaires malgré la loi Agriculture et Alimentation. Le point dans cet article.

Les prix pratiqués par la grande distribution ne permettent toujours pas d’améliorer la rémunération des producteurs


Les négociations continuent de se faire au détriment des producteurs

Chaque année, de rudes négociations ont lieu jusqu’à la fin du mois de février entre distributeurs et producteurs. Malgré la récente mise en application de la loi Agriculture et Alimentation qui contient un amendement imposant le rehaussement du seuil de revente à perte à au moins 10 % dans la grande distribution — amendement censé permettre une meilleure rémunération des agriculteurs —, Richard Girardot le président de l’ANIA (Association des industries agroalimentaires) constate que cette année encore, les négociations se font « dans une démarche de déflation ».

Il souligne que selon un « observatoire des négociations » de son association auprès de ses adhérents, des baisses de prix allant de « 1,5 à 4 % » sont toujours imposées aux producteurs, « alors que [les distributeurs] ont déjà empoché 10 % d’augmentation sur le seuil de revente à perte le 1er février ». « Pour l’instant, on n’a pas encore vu le résultat » des États généraux de l’Alimentation, déplore-t-il.

La nouvelle loi ne réduit pas le déséquilibre entre distributeurs et producteurs

Même constat pour Dominique Chargé, le président de Coop de France, également entendu au Sénat. « L’augmentation du seuil de revente à perte de 10 % c’est d’abord une manne financière (...) une rente de situation pour les distributeurs » a-t-il déclaré. « Il n’y a absolument pas de contrainte pour organiser le ruissellement » des 10 % de marge des distributeurs vers les agriculteurs, a-t-il observé. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas », a ajouté le patron de l’organisme qui gère 2 600 coopératives agricoles françaises.

Pour le président de la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) Dominique Amirault, la nouvelle loi ne change rien au déséquilibre qui existe « entre un amont atomisé et un aval extrêmement concentré ». En effet, même s’il existe des milliers d’agriculteurs et PME dans l’agroalimentaire, les négociations ne se font qu’avec 5 centrales d’achats au niveau national.