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L'État met en place une plateforme de dématérialisation des démarches administratives

Le gouvernement souhaite que d’ici à 2022, la France puisse retrouver sa position de leader au plan international en ce qui concerne l’utilisation du numérique pour les démarches administratives. Pour aller dans ce sens, le secrétaire d’État au numérique a présenté le kit de dématérialisation à l’usage des administrations ce jeudi 1er mars 2018.
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Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au numérique, a présenté ce jeudi 1er mars un nouvel outil permettant de simplifier la dématérialisation des démarches administratives. Ceci s’inscrit dans l'objectif du gouvernement qui souhaite que d’ici 2022 toutes les démarches puissent être réalisées en ligne. Une bonne nouvelle pour les utilisateurs réguliers d’internet, mais qu’en est-il des 13 millions de personnes qui se sentent exclues de cette révolution numérique ?

L’État met en place une plateforme de dématérialisation des démarches administratives




« Un kit de dématérialisation » à l’usage de toutes les administrations

« Dans la grande transformation numérique de l’économie, l’État doit être exemplaire », a déclaré M. Mahjoubi.

L’objectif souhaité par le gouvernement Macron est de voir 3 000 nouvelles démarches administratives être numérisées et devenir entièrement accessibles en ligne, dont 500 dès 2018, grâce à un « kit de dématérialisation » mis à la disposition de toutes les administrations qui souhaitent se débarrasser des formulaires papiers.

Cet outil est disponible sur le site demarches-simplifiees.fr. La plateforme héberge des formulaires en ligne pour le compte des administrations qui souhaitent passer au tout numérique. Il permet une numérisation rapide de la démarche et est accessible à tous car le système ne requiert que des connaissances vraiment basiques en informatique pour pouvoir concevoir un formulaire internet.

Le site permet également aux agents des administrations de traiter les dossiers facilement, et possède même un système de messagerie pour correspondre avec l’utilisateur.

Le système évoluera et simplifiera aussi les démarches des usagers

Les innovations majeures prévues contiennent par exemple la généralisation de rubriques préremplies, grâce à la possibilité pour la plateforme d’aller chercher des informations ou des pièces justificatives que l’usager aurait déjà transmises lors de précédentes démarches. Cela représenterait un gain de temps certain.

D’autre part, afin d’éviter la multiplication des identifiants et des mots de passe à retenir, l’administration développe le système FranceConnect Identité qui comporte un identifiant unique pour toutes les démarches administratives.

La transition vers le tout numérique ne se passe pas toujours sans encombre

Certains sites fonctionnent plutôt bien. Notamment celui des impôts qui permet de faire sa déclaration de revenus, de payer ou encore de mettre en place des prélèvements mensuels.
D'autres transitions sont à l'inverse plus chaotiques. Par exemple, le site de l’ANTS (agence nationale des titres sécurisés) dédié aux démarches liées au certificat d’immatriculation (carte grise) et au permis de conduire a rencontré de gros problèmes. Des personnes ont dû attendre des mois pour obtenir leur carte grise et se sont souvent retrouvées démunies face aux guichets dédiés qui ont fermé en préfecture.

Un autre aspect inquiétant, ce sont les 13 millions de personnes en France qui s’estiment en difficulté quant à l’usage d’internet et pour qui le passage au tout numérique signifie dépendance envers des personnes plus compétentes. Ces exclus du numérique risquent de se retrouver complètement marginalisées si l’État ne met pas rapidement en place des moyens logistiques et économiques pour les accompagner.

La majorité de ces exclus sont des personnes âgées ou isolées n’ayant jamais utilisé internet et les équipements permettant d’y accéder, ou des personnes à très faibles revenus qui n’ont pas les moyens de payer un abonnement à internet, un smartphone, une tablette ou un ordinateur. L’État doit absolument soutenir ces personnes en difficulté afin que la transition au tout numérique ne se transforme pas en « sélection naturelle » sur des critères de compétences et de moyens financiers.




L’association Emmaüs Connect aide les « exclus du numérique »

L’association est pour l’instant présente dans 8 villes : Antony, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Lille, Marseille, Paris, Saint-Denis. Elle y propose des points d’accueil au sein desquels des activités d’accompagnement à l’utilisation des outils numériques sont proposées à des personnes en situation précaire. Des « offres solidaires » peuvent également permettre à certains de s’équiper du matériel dont ils ont besoin.

Des formations peuvent aussi être dispensées aux intervenants sociaux et de l’insertion qui en font la demande, pour les sensibiliser à la précarité numérique et leur donner des clefs pour aider et orienter efficacement ceux qui sont concernés.