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L'interdiction des bouteilles d'eau en plastique dans la restauration collective écartée

Les discussions continuent à propos du projet de loi agriculture et alimentation. Vendredi 29 juin ont été votés des amendements concernant l’indication géographique des vins et spiritueux sur les cartes des restaurants et un amendement pour bannir l’utilisation de certains objets jetables en plastique. Qu’en est-il ?
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Vendredi 29 juin 2018, le Sénat a abandonné une disposition du projet de loi agriculture et alimentation qui prévoyait l’abandon des bouteilles d’eau en plastique dans la restauration collective. Pourquoi cette proposition n’a-t-elle pas été retenue ?

L’interdiction des bouteilles d’eau en plastique dans la restauration collective écartée



Boire de l’eau en bouteille n’est pas dangereux pour la santé

Pour les sénateurs, l’interdiction de l’eau en bouteille plastique dans la restauration collective « va à l’encontre de la politique menée actuellement par le gouvernement dans les domaines de la santé et de l’économie circulaire ».

De plus, Michel Canevet (UC) a fait savoir que « contrairement à ce [qu’il a] pu entendre, l’eau en bouteille n’a jamais contenu et ne contient pas de perturbateurs endocriniens ».

« En outre, ajoute-t-il, les bouteilles d’eau en plastique sont 100 % recyclables. Le secteur travaille à la mise en place d’engagements volontaires et à un plan d’action dédié pour accélérer le taux des collectes des bouteilles ».

La sénatrice Catherine Dumas a exprimé un avis similaire sur la question : « il n’y a aucun risque à boire de l’eau minérale naturelle conditionnée dans une bouteille en plastique : les bouteilles d’eau en plastique sont composées exclusivement de polyéthylène téréphtalate (PET), un matériau chimiquement inerte qui ne migre pas dans l’eau ». « Les bouteilles en PET ne contiennent ni Bisphénol A, ni dioxine, ni perturbateurs endocriniens ».

Pour le CRCE, substituer le verre au plastique ne serait pas une bonne stratégie pour l’emploi

Pour Michelle Gréaume (CRCE, à majorité communiste), « si on interdit ces bouteilles, il faudra bien les remplacer. On pense d’abord au verre », a-t-elle précisé. « Or l’industrie du verre a presque disparu de notre pays et cette mesure contraindrait les producteurs d’eau minérale à travailler avec des entreprises situées à l’étranger ».

Le plastique non recyclé est un fléau environnemental

Angèle Préville, la sénatrice (PS), a en revanche rappelé que « le plastique n’est pas biodégradable » et que « boire de l’eau provenant de bouteilles en plastique représente un risque pour la santé qui n’a pas lieu d’être dans un pays où l’eau potable est quasiment accessible à tous ».

Se prémunir de consommer de l’eau en bouteille participe à réduire la quantité de plastique, qui, même s’il est recyclable, ne peut pas toujours être retransformé. En effet, en France, seulement 22 % du plastique est recyclé, en raison notamment d’infrastructures insuffisantes.



Les pailles et les « touillettes » interdites en 2020

Les sénateurs ont par ailleurs adopté un amendement interdisant l’utilisation des pailles et des bâtonnets mélangeurs pour boisson en plastique à compter du 1er janvier 2020. C’est une bonne nouvelle pour Roland Courteau (PS) qui décrit ces objets comme une « véritable bombe à retardement pour l’océan ».

L’indication de la provenance géographique des vins et spiritueux figurera sur les menus au restaurant

Le même jour, le Sénat a voté pour une information élargie du consommateur concernant la provenance des alcools servis au restaurant. L’indication géographique des vins et spiritueux devra désormais figurer sur les cartes dans les restaurants.