Manque d'enseignants pour la rentrée : les contractuels appelés en renfort
L’alerte avait été lancée au printemps par de multiples académies déjà confrontées à un manque d’enseignants. En juillet dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, avait indiqué que plus de 4 000 postes d’enseignants étaient toujours vacants. Alors que la rentrée scolaire 2022 se profile à l’horizon, les parents d’élèves montrent des signes d’inquiétude. Les professeurs seront-ils suffisamment nombreux le 1er septembre prochain ?
Pourquoi un tel manque d’enseignants avant la rentrée ?
À moins de deux semaines de la rentrée scolaire, l’heure n’est pas à la fête pour le gouvernement en raison d’un manque d’enseignants. Comme l’avait indiqué Pap Ndiaye en juillet 4 000 postes restaient vacants à la suite des concours, sur les 27 332 ouverts par l'Éducation nationale. En 2021, 94 % des postes étaient pourvus. Tous les niveaux sont concernés, de l'école primaire au lycée, que ce soit dans le public ou le privé. Cette situation inédite est plus inquiétante dans les académies d’Île-de-France, en particulier Créteil et Versailles.
Les concours n’ont pas fait le plein dans plusieurs disciplines comme la physique-chimie, les mathématiques ou encore l’allemand dans le secondaire. Seuls l’histoire-géographie et l’EPS semblent épargnés. La première cause de cette pénurie de professeurs n’est autre que la rémunération, se révélant peu attractive surtout en début de carrière. Le manque de reconnaissance est aussi pointé du doigt. Toutefois, le ministre de l’Éducation nationale avait tenté de rassurer les familles en promettant : « il y aura un professeur devant chaque classe dans toutes les écoles de France, nous faisons ce qu'il faut pour ».
Quelles sont les solutions envisagées par le gouvernement ?
L’objectif du gouvernement est de trouver un professeur pour les quelque 12,2 millions d’élèves français qui feront bientôt leur rentrée. Pour ce faire, des cellules de rentrée sont activées dans chaque rectorat dès ce lundi 22 août. Une grande concertation sur l’école sera également organisée le 8 septembre permettant aux professeurs, parents d’élèves et personnels administratifs de s’exprimer.
En attendant, le gouvernement a fait appel aux contractuels « dont la part demeure très modeste avec 1 % dans le premier degré et 8 % dans le second degré ». Ces enseignants non titulaires engagés en CDD viendront ainsi en renfort dans les établissements qui ont des besoins. Ceux qui ont déjà reçu leur affectation pour la rentrée 2022 préparent actuellement leurs cours et s’apprêtent à suivre une formation en cette fin du mois d’août. D’autres ne connaissent pas encore l’établissement où ils enseigneront dès le 1er septembre, ni même le niveau. La plupart appréhendent la rentrée avec angoisse, ne sachant pas à quelle sauce ils vont être mangés une fois en classe.
Un autre enjeu de cette rentrée est de renforcer l'attractivité des métiers de l'enseignement. Alors pour encourager les jeunes à se tourner vers le métier d’enseignant, « il faut procéder à des augmentations de salaires », assurait Pap Ndiaye. Lorsqu’il prend son poste, un professeur n’est en effet guère payé plus que le SMIC. La question de la revalorisation, envisagée pour 2023, devra d’abord être débattue avec les syndicats.