Municipales 2026 : jamais autant d'électeurs n'ont été inscrits pour voter
À quelques jours du premier tour des élections municipales, fixé au 15 mars 2026, l’INSEE a publié un portrait détaillé du corps électoral. Au total, ce sont 48,7 millions d'électeurs qui sont habilitées à glisser un bulletin dans l’urne, un nombre en hausse notable par rapport aux 46,6 millions recensés lors du scrutin municipal de 2020.
Un électorat français qui continue de croître
Cette augmentation s’explique avant tout par la dynamique démographique : entre mai 2024 et février 2026, 1,5 million de jeunes ayant fêté leurs 18 ans ont été automatiquement enregistrés sur les listes électorales. Ce dispositif d’inscription d’office, progressivement mis en place à partir de 1997, garantit aujourd’hui un taux de couverture quasi total chez les primo-votants.
Dans le même temps, près d’un million de décès ont mécaniquement entraîné des radiations. Résultat net : la démographie seule contribue à hauteur de 587 000 électeurs supplémentaires, soit près de 70 % de la hausse globale observée depuis les européennes de 2024.
Au total, 95 % des Français en âge de voter sont inscrits sur une liste communale, en France métropolitaine et dans les DROM. Un taux stable depuis l’élection présidentielle de 2022.
Le déménagement, premier motif de réinscription
Au-delà de la démographie, 4,1 millions d’électeurs ont entrepris une démarche volontaire d’inscription ou de réinscription depuis mai 2024. Dans la grande majorité des cas, ce geste civique fait suite à un changement de domicile : 3,4 millions de ces réinscriptions ont été précédées d’une radiation automatique dans l’ancienne commune de résidence.
Ce phénomène illustre un angle mort du système : un électeur qui déménage sans se réinscrire peut se retrouver privé de son droit de vote, ou contraint de voter dans une commune où il ne vit plus. La prise de conscience semble toutefois progresser, avec des inscriptions volontaires mensuelles deux à trois fois supérieures à celles enregistrées avant les européennes de 2024 ou les régionales de 2021.
Autre tendance marquante : les démarches en ligne continuent également de progresser. 59 % des inscriptions volontaires ont été réalisées en ligne depuis mai 2024, une proportion en légère progression par rapport à la période précédente. Sur les seuls mois de janvier et début février 2026, ce sont 862 000 internautes qui ont complété leur démarche depuis leur domicile.
Les Français de l’étranger, un électorat à part
Parmi les 50,4 millions d’électeurs inscrits au total, 1,7 million résident hors de France et figurent sur l’une des 214 listes consulaires. Ces électeurs ne participeront pas aux municipales, mais seront appelés aux urnes fin mai 2026 pour les élections des conseillers des Français de l’étranger.
La répartition géographique est très contrastée. La liste consulaire de Genève est la plus fournie du réseau, avec 140 000 électeurs inscrits. Viennent ensuite Londres, Bruxelles, Montréal et Tel Aviv, chacun dépassant les 50 000 inscrits. À l’autre bout du spectre, les postes de Brunei et de Calcutta peinent à réunir 60 électeurs.
358 000 électeurs européens admis à voter dans les communes françaises
Les élections municipales présentent une particularité souvent méconnue du grand public : les ressortissants d’un autre État membre de l’Union européenne résidant en France peuvent s’inscrire sur une liste complémentaire et participer au scrutin local. Pour ce rendez-vous de 2026, ils sont 358 000 à avoir fait cette démarche, soit 40 000 de plus qu’en 2020, une progression de 12 %.
Ce sont les Portugais qui dominent largement ce classement, avec 115 100 inscrits. Une présence qui reflète l’importance historique de la communauté lusophone en France, particulièrement dense en Île-de-France et dans plusieurs grandes métropoles. Ils devancent nettement les Italiens (56 900), les Belges (54 800), les Allemands (36 400) et les Espagnols (36 100).
Plus loin dans le classement, Néerlandais et Roumains sont les seuls à franchir la barre des 10 000 inscrits. À l’inverse, certaines nationalités restent anecdotiques sur les listes françaises : moins de 200 Maltais, Slovènes, Chypriotes ou Estoniens ont souhaité exercer leur droit de vote municipal en France.