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Pouvoir d'achat : le chef de l'État souhaite le soutien des entreprises sans contrainte

Le Président de la République Emmanuel Macron a reçu une centaine de chefs d’entreprise ce mercredi 12 décembre à l’Élysée pour leur demander des mesures en faveur du pouvoir d’achat, mais sans évoquer ni contraintes ni effort spécifique des grandes entreprises. Qu’en est-il ?

Lors de son allocution télévisée lundi 10 décembre, le Président de la République a demandé aux entreprises de verser une prime de fin d’année à leurs employés en s’engageant en parallèle à défiscaliser ce bonus. Depuis cette annonce, le chef de l’État a rencontré une centaine de chefs d’entreprise à l’Élysée pour leur réitérer sa demande de soutenir le pouvoir d’achat, mais sans leur imposer de contrainte. Un point sur la situation.

Pouvoir d’achat : le chef de l’État souhaite le soutien des entreprises sans contrainte


Pas de hausse des taxes, peut-être des tarifs spéciaux pour les télécoms et les assurances à venir

Lors d’une réunion avec une centaine de patrons qui a duré 2 h, le chef de l’État a surtout écouté leurs engagements en faveur du pouvoir d’achat. D’autre part, il a certifié qu’il n’y aurait pas d’augmentation des taxes. Il a répété qu’il n’était pas question de « détricoter » ce qui avait été mis en place depuis 2017, comme la suppression de l’ISF ou les mesures faites pour « lutter contre l’évasion fiscale ». « On n’a pas vocation à augmenter les taxes », a-t-il assuré.

Pas vraiment d’annonce précise pour le moment, mais une nouvelle réunion aura lieu en janvier pour « faire un point d’étape sur les mesures les plus concrètes », a expliqué l’entourage du Président. Une piste en particulier a été évoquée, l’idée de mettre en place des tarifs réduits à destination des « publics les plus fragiles », notamment pour les télécoms. « Les entreprises ont compris l’enjeu de la situation », veut-on croire à l’Élysée.

Suivant la même logique, le Président va rencontrer les assureurs et mutuelles la semaine prochaine pour leur demander à eux aussi de faire des efforts sur les « dépenses contraintes » des Français.

Le gouvernement souhaiterait aussi créer un « Club des 100 » qui regrouperait 100 entreprises dans chaque département pour leur demander des efforts volontaires.

« Le président a écouté tout le monde, il nous a demandé les efforts que nous étions prêts à faire, mais n’a fait aucune annonce », a déclaré le président de Nexity Alain Dinin, à l’issue de cette rencontre.

« Les patrons sentent qu’il se passe quelque chose », a commenté un dirigeant de Solvay. « Beaucoup d’entreprises ont perçu que nous sommes dans un moment grave », selon un autre patron.

Les entreprises vont-elles verser la prime de fin d’année demandée par le Président ?

Suite aux annonces sociales du chef de l’État lundi soir, plusieurs grands groupes ont fait savoir qu’ils accorderaient un bonus à leurs employés. Ce sera notamment le cas chez Orange, Publicis, Altice, Iliad, LVMH, Kering et Total. Les primes devraient être versées dès que la loi garantira leur défiscalisation. En revanche, dans les PME et les TPE, beaucoup n’auront pas les moyens de donner une prime de fin d’année à leurs salariés.

« Malheureusement beaucoup d’entreprises ne seront pas en mesure de verser une prime, quand bien même elle serait nette de taxe ou nette d’impôts » a déploré François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) dans une émission sur France 2.

Pour Pierre Verzat, le président de Syntec-Ingénierie, il est important que la prime de fin d’année « reste du ressort de l’employeur et ne soit ni automatique ni avec un montant prédéfini ». Il rappelle que dans son secteur, « 90 % des établissements sont des TPE ou des indépendants » et ont donc « des marges de manœuvre restreintes ».

« Il va être compliqué dans ce délai de débloquer une prime dans les jours qui viennent », a expliqué Bernard Stalter, président des chambres de métiers et de l’artisanat et artisan-coiffeur au Figaro.

Pour d’autres comme Gabrielle Deloncle, dirigeante d’une société de ravalement de façade dans l’Hérault, « c’est au gouvernement de donner de l’argent. Que l’entreprise donne de l’argent parce qu’il y a un souci (...) c’est inconcevable », déclarait-elle au micro de France Info.

D’autres chefs d’entreprise se plaignent aussi de devoir agir dans l’urgence et d’être toujours dans l’attente de savoir exactement comment la défiscalisation de la prime va être mise en place pour prendre une décision. À 2 semaines des fêtes de fin d’années, certains déplorent de devoir agir « dans la panique ».