Protections hygiéniques : comment se faire rembourser par l'Assurance maladie ?
À partir du 1er octobre 2026, une partie des protections hygiéniques réutilisables devient remboursable par l’Assurance Maladie. Cette mesure votée dès 2024 ne prend forme que deux ans plus tard, le temps que les textes d’application soient publiés. Reste à savoir qui peut en bénéficier, dans quelles conditions, et surtout comment s’y prendre concrètement pour obtenir ce remboursement.
Qui peut bénéficier du remboursement des protections hygiéniques ?
Deux publics sont visés par cette mesure. D’une part, toutes les femmes de moins de 26 ans, sans aucune condition de ressources : l’âge suffit à ouvrir le droit. D’autre part, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), et ce quel que soit leur âge.
Quelles protections hygiéniques sont concernées ?
Le remboursement ne s’applique pas à l’ensemble des protections périodiques, mais uniquement aux versions réutilisables. Concrètement, deux catégories de produits sont prises en charge :
- les culottes menstruelles ;
- les coupes menstruelles.
Ces produits doivent répondre à des exigences techniques et sanitaires précises pour être éligibles. Les culottes menstruelles doivent afficher une certification Oeko-Tex Standard 100 (classe I ou II), qui garantit l’absence de substances nocives au contact de la peau, et une capacité d’absorption supérieure à 12 ml. Les coupes menstruelles, elles, doivent disposer d’un Ecolabel européen ou avoir été testées selon la norme ISO 10993-1, avec une contenance comprise entre 20 et 30 ml. Autrement dit, tous les modèles du marché ne seront pas automatiquement remboursables : seuls ceux inscrits sur la liste établie par le ministère de la Santé le seront.
Autre point à avoir en tête : la prise en charge concerne uniquement les produits achetés en pharmacie. Une culotte menstruelle achetée en grande surface ou en ligne, même identique, ne sera pas remboursée par ce dispositif.
Quel est le montant du remboursement ?
Le niveau de prise en charge varie selon le profil de l’assurée. Les femmes de moins de 26 ans bénéficient d’un remboursement de l’Assurance Maladie compris entre 55 et 65 %, le reste à charge pouvant ensuite être couvert, en tout ou partie, par une mutuelle. Les bénéficiaires de la C2S, en revanche, sont remboursées à 100 %, sans avance de frais à prévoir dans la plupart des cas.
Un plafond s’applique néanmoins : la prise en charge est limitée à deux produits par an. Le décompte démarre à la date du premier achat remboursé et se renouvelle ensuite « de date à date », c’est-à-dire un an après ce premier achat, et non au 1er janvier.
Comment se faire rembourser concrètement ?
Dans les faits, la démarche s’annonce simple pour les personnes concernées. Il suffit de se rendre en pharmacie avec sa carte Vitale à jour et de choisir un produit figurant sur la liste des protections périodiques réutilisables éligibles, établie par le ministère de la Santé. Le remboursement s’effectue alors selon le circuit classique du tiers payant ou du remboursement a posteriori, comme pour n’importe quel autre produit de santé pris en charge par l’Assurance Maladie.