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Psychiatrie : la situation inacceptable du CHU de Saint-Étienne dans la prise en charge des patients

En raison de manque de personnel, d’infrastructures adaptées et de moyens, plusieurs hôpitaux se retrouvent dans des situations alarmantes. Cette fois, ce sont les urgences de Saint-Étienne qui sont montrées du doigt, après que des traitements inhumains et indignes y aient été observés.
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Au CHU de Saint-Étienne, il n’y a pas assez de places pour prendre en charge correctement les patients en psychiatrie. Et les conditions dans lesquelles ils attendent d’être orientés ou soignés sont inhumaines et dégradantes au regard de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. Un point sur cette situation.

Psychiatrie : la situation inacceptable du CHU de Saint-Étienne dans la prise en charge des patients



Une visite de contrôle du CGLPL permet de sonner l’alerte

Lors d’une visite du 8 au 15 janvier au pôle psychiatrie du centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne, les contrôleurs ont notamment constaté la présence, aux urgences générales, de vingt patients relevant de la psychiatrie, en attente de places.

Treize étaient parqués sur des brancards dans les couloirs. Sept d’entre eux, sans signe d’agitation ni de véhémence, étant attachés au niveau des pieds et d’une ou deux mains, relève le rapport. Deux étaient en soins libres, les autres en soins sans consentement.

Ces patients attendaient d’être pris en charge depuis 15 h pour certains... Une semaine pour d’autres, sans pouvoir se laver, se changer, avoir accès à leur téléphone, ni bénéficier d’aucune confidentialité lors des entretiens et traitements.

Une situation qui n’a rien d’exceptionnel

Le rapport du CGLPL (Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté) indique que cette situation dure depuis plus de 5 ans.

Les patients arrivent aux urgences générales, mais « peinent à être hospitalisés en psychiatrie ou aux urgences psychiatriques » lorsqu’ils en ont besoin, faute de places disponibles.

Contention abusive, isolement injustifié, non-respect du droit des patients : cela doit cesser

Dans le pôle psychiatrie, les contrôleurs ont observé une pratique généralisée de mesures d’isolement (enfermement) et de contention « ne répondant pas aux exigences législatives et règlementaires ».

Les patients sont traités comme des prisonniers, et ne sont même pas informés de leurs droits.

Ces pratiques « illégales et abusives doivent cesser immédiatement », s’insurge Adeline Hazan. Le rapport du CGPL demande également que soit mis un terme dès maintenant aux « traitements indignes observés ».



Adeline Hazan souhaite une réflexion institutionnelle

Le cas du CHU de Saint-Étienne n’est pas un cas unique. C’est pourquoi la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté souhaite voir les institutions entamer une profonde réflexion sur les pratiques de contention et d’isolement, et sur la mise en œuvre de moyens pour des hospitalisations plus adaptées.

Michaël Galy, le directeur du CHU de Saint-Étienne ne « conteste pas ces observations ». Il explique avoir entamé des audits en interne et avoir prévenu le CGLPL en janvier dernier, avant cette série de contrôles.

Il a également d’ores et déjà mené « une enquête administrative et des audits » en interne et a déjà rappelé au personnel les règles en matière de contention. Des formations leur sont également dispensées depuis janvier 2018.

Le directeur a également fait mention du projet de construction du nouveau pôle unique de psychiatrie, qui sera ouvert d’ici 3 ans et qui représente un investissement de 25 millions d’euros.

D’autre part, plus prochainement, les urgences doivent être réaménagées pour une meilleure prise en charge des patients.