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Publicités, journaux et prospectus continuent d'envahir nos boîtes aux lettres

Le nombre de publicités déposées dans les boîtes aux lettres augmente malgré l’essor de la publicité numérique. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir appelle à mettre en place plusieurs mesures pour limiter ce « gâchis environnemental ».
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Chaque jour, la publicité des grandes surfaces envahit les boîtes aux lettres. Le constat dressé par UFC-Que Choisir est alarmant : alors que la préservation de l’environnement est au centre des préoccupations politiques, le poids moyen des imprimés publicitaires déposés dans nos boîtes aux lettres est en hausse de 15 % depuis 2004. L’association réclame un renforcement des sanctions vis-à-vis de ces pratiques.

Publicités, journaux et prospectus continuent d’envahir nos boîtes aux lettres



Les prospectus publicitaires représentent un quart du papier consommé en France

Le poids de la publicité distribuée dans les boîtes aux lettres est actuellement de 2,3 kilos par ménage en moyenne, constate l’UFC-Que Choisir sur la base d’observations effectuées chez 344 bénévoles. Ces prospectus représentent ainsi un quart du papier consommé en France. L’association estime que ce sont des « ressources gaspillées » et qui coûtent de l’argent aux Français : près de 200 euros pour un foyer de quatre personnes, chaque année. Effectivement, il faut rappeler que lorsque les publicités sont jetées, et c’est bien souvent le cas, les collectivités traitent ces prospectus. Ceux-ci vont ensuite être incinérés, une opération qui se répercute sur la taxe des ordures ménagères.

L’UFC-Que Choisir constate que les enseignes de la grande distribution sont celles qui produisent le plus d’imprimés publicitaires. Elles représenteraient près de 50 % de prospectus non adressés. En mai 2018, la palme revient à Carrefour, E.Leclerc et Système U, précise l’association, avec respectivement 7,3, 6,8 et 6,3 prospectus déposés dans chaque boîte aux lettres se trouvant dans la zone de chalandise de l’un de leurs points de vente. Avec 4,3 et 3,7 imprimés distribués chaque mois, Intermarché et Monoprix seraient les grands groupes les plus raisonnables.

Ces dépenses consacrées à la publicité avoisinaient les 3 milliards d’euros en 2017, hors coûts liés à la collecte et au traitement des déchets d’imprimés papier non recyclés.

Le « stop-pub » efficace, mais sous-utilisé

Quelles solutions pour éviter ces publicités envahissantes ? L’UFC affirme que le « stop-pub » se révèle efficace, mais regrette sa faible utilisation : seuls 20 % des Français l’ont adopté. Pourtant, cette étiquette apposée sur la boîte aux lettres pourrait, à terme, dissuader les industriels. Pour cela, il faudrait que les pouvoirs publics renforcent la promotion du fameux logo afin de sensibiliser davantage les consommateurs, préconise l’association. Nicolas Mouchnino, membre de l’UFC-Que Choisir, indique qu’un renforcement des sanctions est nécessaire pour freiner ces pratiques. Cela se traduirait notamment par des pénalités financières plus coûteuses pour les professionnels qui ne respecteraient pas le « stop-pub » apposé sur les boîtes aux lettres.

De toute évidence, ni l’autocollant « Stop-pub » ni le développement d’Internet ne diminuent la quantité globale des imprimés non adressés, cette dernière se maintenant à un niveau élevé. Le service de défense des consommateurs dénonce un « gâchis environnemental ».