Passées À venir

Refondation des urgences : Les mesures annoncées ne sont pas suffisantes pour le collectif Inter-Urgences

Agnès Buzyn a promis 750 millions d’euros pour la refondation des urgences, une aide financière jugée peu convaincante face à la problématique actuelle.
Sommaire

Le 9 septembre, la ministre de la Santé a promis 750 millions d’euros pour la refonte des urgences. En grève inédite depuis environ 6 mois, les services d’urgences ne peuvent plus prendre en charge efficacement les patients faute de moyens et de personnel. Pourtant, les mesures annoncées ne satisfont pas les intéressés. Explications.

Refondation des urgences : Les mesures annoncées ne sont pas suffisantes pour le collectif Inter-Urgences


Des mesures pour désengorger les urgences

Agnès Buzyn a promis de débloquer plus de 750 millions d’euros pour la refondation des urgences. Mais ceux-ci ne viendront pas s’ajouter au budget déjà prévu pour les dépenses de santé. Cet argent sera consacré à trouver des solutions pour désengorger les services d’urgences. La médecine de ville sera donc plus souvent sollicitée et les prises en charges accélérées.

Cependant, la ministre ne parle pas de recrutement de personnels, ni même d’ouverture de lits, malgré les réclamations du personnel des hôpitaux en grève.

Un service en ligne ou par téléphone

340 millions d’euros, c’est ce que coûtera la création d’un nouveau SAS (Service d’accès aux soins). Il s’agit d’une solution privilégiée par la ministre, qui a été présentée aux représentants des personnels, aux dirigeants hospitaliers, aux syndicats de médecins libéraux et au collectif Inter-Urgences, initiateur de la grève.

Le SAS sera mis en place dès l’été prochain. Il s’agit d’un service accessible 24/24 h ayant pour but d’orienter les patients vers un médecin de ville ou vers une téléconsultation. En fonction de la gravité de leur état, ils pourront également être redirigés vers les urgences et si nécessaire, par ambulance.

11 autres mesures annoncées par la ministre de la Santé

Agnès Buzyn a annoncé 12 mesures au total. La création du SAS n’est que l’une d’entre elles. Au programme, elle promet aussi le développement de protocoles permettant la prise en charge des patients par les kinésithérapeutes ou les pharmaciens. En revanche, elle ne souhaite pas revaloriser les métiers de soignants.

Voici les 11 autres mesures clés pour le plan de refondation des urgences :

  • Renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous
  • Déployer les outils de prise en charge aux urgences à la médecine de ville
  • Élargir les compétences des professionnels non médecins pour prendre en charge les patients
  • Généraliser les parcours des personnes âgées pour leur éviter les urgences
  • Intégrer la vidéo à distance dans les SAMU
  • Graduer les services d’urgences et réformer les transports médicalisés pour mieux utiliser les compétences rares
  • Renforcer et reconnaître les compétences des professionnels au sein des urgences
  • Lutter contre les dérives de l’intérim médical
  • Réformer le financement des urgences
  • Renforcer la sécurité du personnel des urgences
  • Fluidifier les entrées aux urgences en favorisant l’accueil des hospitalisations non programmées


    Les solutions du gouvernement ne sont pas suffisantes

    Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences déplore le manque réel de prise de position. Le refus d’ouvrir des lits supplémentaires et de recruter du nouveau personnel lui est incompréhensible.

    La CGT a de nouveau appelé à manifester ce mercredi 11 septembre, dénonçant des « actions décevantes, effectives qu’à moyen voire long terme ».