REP : les moyens déployés suffisent-ils à réduire les inégalités scolaires ?
Les REP (réseaux d’éducation prioritaire) permettent-ils réellement de réduire les inégalités scolaires ? C’est la question que l’on peut se poser en lisant la synthèse de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) parue en septembre.
Les REP bénéficient de moyens renforcés pour mieux aider les élèves
Pour rappel, le réseau d’éducation prioritaire, ou REP, regroupe les établissements scolaires situés dans les zones où la concentration de difficultés sociales, économiques et culturelles est la plus forte. Créé pour lutter contre les inégalités scolaires, le REP bénéficie de moyens renforcés : effectifs réduits par classe, équipes pédagogiques soutenues, formation spécialisée des enseignants, accompagnement individualisé des élèves et liens privilégiés avec les familles. Au fil des années, le REP n’a cessé d’adapter ses contours, notamment avec le déploiement du REP+ pour les territoires les plus fragiles.
Son objectif principal reste inchangé : combler l’écart de réussite entre les élèves des quartiers populaires et ceux des autres secteurs, en agissant directement sur le quotidien scolaire. Les actions du REP ciblent le soutien scolaire, l’ouverture culturelle, et l’association des parents à la vie de l’école, dans une perspective de lutte contre le décrochage et pour l’inclusion.
Bon à savoir : à la rentrée 2024, 570 000 élèves de collège et plus d’un million d’écoliers étaient inscrits dans un REP ou un REP+.
Les élèves en REP ont moins de réussite au brevet
Cependant, malgré ces moyens mis en œuvre, les élèves en REP rencontrent toujours plus de difficultés que ceux hors éducation prioritaire. Ainsi, pour le brevet 2024, 28 % des collégiens en REP+ et 38 % des collégiens en REP ont eu plus de 10/20 de moyenne aux épreuves écrites. À titre de comparaison, 59 % des élèves du secteur public hors éducation prioritaire ont dépassé cette moyenne. Toutefois, en tenant compte du socle commun et de l’épreuve orale, les écarts se réduisent : 74 % des élèves en REP+ ont obtenu le brevet en série générale, contre 77 % en REP et 87 % dans le secteur public hors éducation prioritaire.
Autre constat de la DEPP : les orientations après la 3e diffèrent pour les élèves scolarisés dans un collège en éducation prioritaire (EP) par rapport à ceux hors EP. Les élèves en REP+ et ceux en REP ont une moindre tendance à poursuivre en seconde générale et technologique : 52 % des élèves en REP+ et 58 % en REP sont en seconde générale et technologique à la rentrée 2024, contre 64 % pour ceux issus d’un collège du secteur public hors EP.
Cette tendance se retrouve également concernant l’accès à l’apprentissage et aux formations du ministère de l’Agriculture : seulement 2 % des élèves de troisième scolarisés en EP en 2023 sont en apprentissage à la rentrée 2024, contre 4 % pour ceux du secteur public hors éducation prioritaire. En revanche, les élèves issus de l’EP poursuivent davantage en seconde professionnelle ou en CAP sous statut scolaire.